Steenvoorde, nouveau point de fixation pour les migrants ?

La mini-"jungle" de Steenvoorde. / © France 3
La mini-"jungle" de Steenvoorde. / © France 3

Steenvoorde, ville de 4100 habitants au coeur des Flandres accueille depuis maintenant une bonne dizaine d'années des migrants. Au moment du démantèlement de Calais, Erythréens et Soudanais avaient pour beaucoup quitté l'endroit mais ils reviennent peu à peu. 

Par MNG/FG

Steenvoorde, nouveau point de fixation pour les migrants ? Le manque de structures d'accueil sur la région et les contrôles permanents exacerbent les tensions. Lundi, une rixe a éclaté sur l'aire d'autoroute de la commune. Et cela commence à inquiéter.

Deux jours après, plus aucune trace de l'incident. Mais lundi soir, ils étaient une centaine de migrants à se bagarrer sur cette aire d'autoroute. Six blessés ont été pris en charge. Pour les routiers, l'endroit est désormais à éviter. "C'est vraiment un gros problème, explique un routier anglais. Les amendes sont très importantes si vous prenez à bord des migrants sans le savoir, que vous les emmenez en Grande-Bretagne et qu'on les découvre là-bas. Il y a beaucoup d'argent en jeu. Il faut surveiller son camion toute la nuit."
Steenvoorde, nouveau point de fixation pour les migrants ?

"Les gens se comportent comme des animaux si on les traite comme des animaux"

C'est au bout d'un chemin tout proche que les migrants se cachent en attendant de tenter leur chance. Une petite "jungle" d'une trentaine de tentes. Avec un accès direct à l'aire d'autoroute. Après déjà deux démantèlements successifs, la mairie aimerait une aide de l'Etat pour mieux gérer la situation. "Ce qui est compliqué pour nous, on n'a a aucun moyen pour sécuriser les lieux, explique Jean-Luc Baret, premier adjoint au maire de Steenvoorde. Il n'y a pas d'exactions dans la commune mais il y a un afflux de migrants tous els jours à la salle paroissiale. Et ça commence à agacer certaines personnes."

En plein centre-ville de Steenvoorde, un bâtiment accueille en effet pendant la journée plusieurs dizaines d'Erythréens et de Soudanais. Les heurts de lundi ont laissé des traces. La gendarmerie est même intervenue ce mercredi. Damien Defrance, président de Terre d'errance Steenvoorde, qui aide les migrans est révolté : "Quand on fait vivre des gens comme on les fait vivre là actuellement, c'est-à-dire qu'on les prive de douches, d'abri la nuit... Les gens se comportent comme des animaux si on les traite comme des animaux."

Steenvoorde accueille des migrants depuis une dizaine d'années. Et c'est la première fois qu'une bagarre de ce genre se produit.

Sur le même sujet

Témoignage du père d'un patient de l'hôpital Pinel

Près de chez vous

Les + Lus