Inondations dans les Hauts-de-France : vont-elles se répéter, s'aggraver ? Quelles sont les solutions pour l'avenir ?

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Écrit par Justine Saint-Sevin
De nombreux habitants du Beauvaisis ont été inondés après les fortes pluies de la nuit du 21 au 22 juin.
De nombreux habitants du Beauvaisis ont été inondés après les fortes pluies de la nuit du 21 au 22 juin. © Haron Tanzit / FTV

Dans la nuit de lundi 21 à mardi 22 juin, des orages ont particulièrement touché l'Oise, la Somme et l'Aisne, entraînant d'importantes inondations. Des phénomènes qui pourraient être amenés à se répéter dans les Hauts-de-France.

Un adolescent mort noyé à Beauvais, des blocs de l’hôpital inutilisables à Beauvais, des routes impraticables, des bâtiments publics et des habitations inondés, plusieurs centaines de pompiers mobilisés… Il est peu de dire que les inondations qui ont accompagné les orages ayant touché les Hauts-de-France et particulièrement la Picardie dans la nuit du 21 au 22 juin ont eu des conséquences dramatiques. Malheureusement, pour Anastasia Ivanovsky, coordinatrice de l’Observatoire Climat des Hauts-de-France, la violence de ces catastrophes pourrait s'accentuer dans le futur.

Lorsqu’on regarde les données depuis 1955, on se rend compte que le cumul de pluie a augmenté dans la zone des Hauts-de-France depuis 60 ans.

Anastasia Ivanovsky, coordinatrice de l’Observatoire climat des Hauts-de-France

Les inondations se font donc plus nombreuses et contrairement à ce que l’on pourrait penser elles ne seraient pas exclusivement dues aux précipitations. "L’eau cumulée a augmenté, mais le nombre de jour de fortes pluies n’augmente pas de manière significative sur cette période. Donc on ne peut pas faire un lien direct entre les deux. Et si ce cumul n'est pas à 100% attribuable au changement climatique, on l'estime lié à 70%. Les 30% restants représentent la part de variabilité annuelle normale", étaye-t-elle.

La nécessité de mieux penser l’urbanisation

Pour la scientifique, docteur en physico-chimie de l’environnement, ce cumul, coeur du problème puisque son augmentation signifie que les sols parviennent de moins en moins à éponger l'eau de pluie, s’explique par une combinaison de facteurs "les phénomènes météorologiques, les précipitations et l’aménagement du territoire", énumère-t-elle.

"C’est d’autant plus vrai dans un endroit comme l’Oise, un territoire fortement peuplé et urbanisé. On sait qu’il peut y avoir de fortes pluies sur le territoire et la façon dont on gère ce risque et l’importance d’intégrer la gestion de ce risque au coeur de l’aménagement du territoire est primordiale. Il faut absolument limiter l’artificialisation des sols pour qu’ils puissent jouer leurs rôles de tampon dès que cela est possible", appuie-t-elle.

Quand il est déjà trop tard, la membre de l’Observatoire avance comme solution le lancement de projets permettant de diminuer l’impact des crues. "Ça passe par la création de bassins de rétention d’eau de pluie où c’est possible." Mais cela passe aussi par mieux penser la restauration des milieux naturels. "C’est d’autant plus vrai dans l’Aisne et l’Oise, où ils se sont construits autour des cours d’eau. Ces zones servaient de tampon en remplissant leur rôle d’éponge, elles permettaient de freiner l’impact d’une crue. Il est important de les restaurer tout en préservant ce rôle et ce n'est pas toujours le cas."

Le risque naturel numéro 1

D’autant plus que ces inondations liées au cumul de l'eau pourraient être amenées à être de plus en plus fréquentes dans le futur. Des enjeux notamment révélés par le dernier rapport DRIAS publié en 2020 et mené par Météo-France. "En analysant les projections que nous font passer Météo-France, avec un climat un peu différent qui prend en compte l’augmentation des températures entre 1°C ou 1,5°C, le lien entre le changement climatique et l’augmentation de la saisonnalité des précipitations se renforce." Prendre en main ce problème semble une mission d’autant plus importante dans une région comme les Hauts-de-France où le risque naturel numéro 1 sont les inondations.

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