Un homme retrouvé mort égorgé dans un foyer Adoma de Nogent-sur-Oise : le suspect a été hospitalisé en service de soins psychiatriques

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Écrit par Eline Erzilbengoa
L'un des bâtiments de la résidence Adoma à Nogent-sur-Oise, où le corps d'un homme a été découvert lundi 6 décembre 2021.
L'un des bâtiments de la résidence Adoma à Nogent-sur-Oise, où le corps d'un homme a été découvert lundi 6 décembre 2021. © Nagib Ben Ghezala / FTV

Lundi 6 décembre, le gardien du foyer Adoma de Nogent-sur-Oise a été retrouvé mort égorgé devant le bâtiment de cette structure d'accueil. Un suspect a été placé en garde à vue puis hospitalisé sous contrainte le lendemain.

Le corps d'un homme a été découvert lundi 6 décembre à l'entrée de l'un des bâtiments du foyer Adoma à Nogent-sur-Oise. Selon les premières constatations, il présentait quatre plaies dont une importante au niveau du cou. 

Un violent départ de feu avait été signalé un peu plus tôt, au 4e étage des locaux de cette structure d'accueil pour personnes en difficulté. C'est au moment où les occupants évacuaient les lieux que le corps a été découvert. 

La victime était un père de famille âgé d'une quarantaine d'années. Il était gardien au sein du foyer. "C'était quelqu'un de formidable, il aidait, il conseillait. Il avait vraiment le cœur sur la main", nous confie un résident. "Quand j'ai appris la nouvelle, j'étais choqué, comme si je perdais quelqu'un de ma famille, abonde un autre habitant. C'était quelqu'un de serviable, il aidait dans toutes les démarches, tout le monde l'aimait dans cette résidence."

Le suspect a avoué être l'auteur des coups portés à la victime

Selon le procureur de la République de Senlis, le suspect, un habitant de la résidence, s'est présenté lui-même au commissariat : "dans un temps très voisin, un individu s'est présenté à la police municipale de Nogent-sur-Oise afin de s'accuser des faits, ainsi que l'homicide volontaire d'une personne adulte avec laquelle il aurait eu un différend au sein du foyer."

Les premières investigations ont permis d'établir qu'il y avait bien eu une altercation entre les deux hommes. "La victime avait chuté au sol avant de prendre la fuite. Un témoin avait assisté à cette première partie des faits puis s’était ensuite mis à l’abri. Le corps avait été découvert peu de temps après", précise le procureur.

Lors de ses auditions, le mis en cause a reconnu s’en être pris au gardien car il lui reprochait de ne pas avoir pris au sérieux ses demandes répétées de changement de logement. "Il reconnaissait lui avoir porté des coups de couteau, avoir jeté l’arme au milieu de son appartement avant de mettre le feu à des vêtements avec un briquet et de quitter les lieux. Il tenait également de nombreux propos incohérents", a détaillé le parquet.

Un examen psychiatrique a été réalisé

Le suspect, né en 1988, d'origine soudanaise, a été placé en garde à vue lundi 6 décembre. Il n'a pas d'antécédent judiciaire "à l'exception d'un rappel à la loi pour une infraction à la législation sur les transports", précise le procureur, qui ajoute qu'"aucun de ses propos ne laisse apparaître une quelconque motivation qui serait liée à une radicalisation." Il bénéficiait du statut de réfugié depuis le 14 mars 2016 et était titulaire d’un titre de séjour valable jusqu’au 13 mars 2026. 

"Je pense qu'il a fait ça sur un coup de folie, estime une habitante de la résidence Adoma. Il m'a déjà dit bonjour. C'était quelqu'un de solitaire. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris."

Examiné mardi 7 décembre par un expert psychiatrique, il a fait l'objet d'une mesure d'hospitalisation sous contrainte. 

Après l'autopsie du corps de la victime prévue mercredi 8 décembre, le parquet de Senlis procèdera à une ouverture d’information judiciaire des chefs d’assassinat et de destruction de bien par incendie.

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