"On existe et on résiste" : les commerçants manifestent ce week-end dans le Nord et le Pas-de-Calais

"Travailler ou mourir" : voilà le mot d'ordre des manifestants qui se sont réunis ce week-end à Arras et à Dunkerque. Ils demandent la réouverture des commerces dits "non essentiels". 
Statiques, les manifestants ont demandé la réouverture des commerces "non essentiels"
Statiques, les manifestants ont demandé la réouverture des commerces "non essentiels" © ÉMELINE COCQ - FRANCE 3
"Je suis Fanny, du magasin Beautiful Nature, et ce mois-ci je n'ai pas pu payer mon loyer". Comme cette jeune femme, il étaient nombreux à manifester ce week-end, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Au moins 300 à Arras samedi et une centaine ce dimanche 22 novembre, à Dunkerque.

Des commerçants, des patrons et des employés de bars, de restaurants ou d'hôtels. Des habitants et des élus aussi, unis pour demander la réouverture des établissements dits "non essentiels", fermés depuis le début du deuxième confinement. 

"On existe et on résiste"

Alors que le chef de l'Etat doit s'exprimer mardi soir, leur message est clair : "Travailler ou mourir", pouvait-on lire sur leurs pancartes.

"Il faut qu'on soit solidaires et qu'on fasse bloc. On existe et on résiste", martèle Hélène, une commerçante à Dunkerque, ce dimanche. Ils demandent la réouverture de leurs établissements au plus vite, avant qu'ils ne mettent la clé sous la porte. 
"On existe et on résiste" : les commerçants manifestent ce week-end ©FRANCE 3 HAUTS-DE-FRANCE

Au cours de ces manifestations statiques, ils ont pris la parole à tour de rôle pour témoigner des conséquences de la fermeture de leurs commerces. "Chaque week-end qui passe est une perte importante de chiffre d'affaire. Nos stocks s'accumulent et vont être difficiles à vendre", raconte Alexandre James, commerçant à Lens. 

"Je n'en peux plus"

Didier, disc-jockey à Dunkerque


"C'est de plus en plus dur. Le deuxième confinement a été un coup de massue. Tout est fermé. Il n'y a plus d'animations. J'essaye de tenir le coup mais moralement c'est difficile,  je n'en peux plus", souffle Didier, disc-jockey à Dunkerque. Ses yeux s'embuent. "On est ensemble et on ne lâchera pas", glisse-t-il tout de même. 
"Je suis essentiel" ou "Travailler ou mourir" pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants
"Je suis essentiel" ou "Travailler ou mourir" pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants © FRANCE 3 HAUTS-DE-FRANCE
 

"Nous n'avons que ce café"

"Ces commerces sont essentiels pour les petits villages comme le nôtre", veut rappeler Bruno Traché, le maire de Noyelles-les-Vermelles, une petite commune de 2400 habitants entre Lens et Béthunes. Sa commune a racheté l'unique café du village, il y a quelques années, pour conserver le lien social.

"On veut que ce café rouvre très rapidement, c'est très important pour nous. Nous n'avons que ce café, les gens en ont besoin pour se retrouver", ajoute l'édile. 

"Depuis le premier confinement, on en est à 10 millions d'euros de pertes"

Laurent Pecqueur, dirigeant d'entreprise


Depuis le début de ce deuxième confinement, la fermeture des commerces "non essentiels" touche aussi d'autres acteurs économiques. "On perd 150 000 euros par jour. Et depuis le début du premier confinement, on en est à 10 millions d'euros de pertes. Aujourd'hui, nous ne bénéficions que du chômage partiel. Nous demandons la suppression des charges sociales pour l'année 2020, c'est nécessaire pour pouvoir garder tous nos salariés", confie Laurent Pecqueur, dirigeant d'une entreprise qui distribue des boissons aux professionnels. 
 
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