Coronavirus : Nausicaá en danger ? Le maire de Boulogne-sur-Mer redoute le "dépôt de bilan"

Fermé depuis le 14 mars, l’aquarium Boulonnais est mal en point. Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne-sur-Mer, redoute tout simplement un "dépôt de bilan". Une crainte partagée par le directeur de Nausicaá. 

Image d'illustration du plus grand aquarium de Nausicaá.
Image d'illustration du plus grand aquarium de Nausicaá.
Alors que la France s’engage dans la 2ème phase du déconfinement, l’aquarium Nausicaá rouvrira ses portes au public jeudi 4 juin prochain. Fermé depuis près de 80 jours, le Centre National de la Mer est très mal-en-point après ce repos forcé.
 

Vers un "dépôt de bilan" ?


Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne-sur-Mer et président de la communauté d’agglomération du Boulonnais, ne cache pas ses craintes : il redoute purement et simplement le "dépôt de bilan" de Nausicaá. En cause, les pertes économiques accumulées depuis la fermeture forcée.
 
"Le modèle économique de Nausicaá est basé sur un nombre d’entrées" rappelle le maire de Boulogne-sur-Mer. Pour équilibrer la situation financière du site, "il faut 2 700 visiteurs par jour en moyenne explique son directeur, Philippe Vallette. Comme on en fait zéro depuis le 14 mars, je vous laisse faire le calcul."
 

Quand la mer se retire, c’est la crise sanitaire qui va se retirer et nous allons voir les naufragés de cette situation. Nausicaá pourrait en faire partie.
 

La perte des recettes d’entrées arrive au lendemain d’un projet d’extension "qui doit pouvoir compter sur les visiteurs pour pouvoir assurer son équilibre économique" rappelle Frédéric Cuvillier. En effet, ces travaux auront coûté la bagatelle de 85 millions d’euros. Les inquiétudes portent donc sur le décifit qui pèse sur Nausicaá. "C’est une société qui répond aux règles du droit du commerce, explique-t-il. Donc, si on s’en tient au texte, nous sommes à un déficit qui entame très largement le capital social. Il va nous falloir nous trouver des solutions de financement : ça va des emprunts annoncés par l’état à l’augmentation de capital si des partenaires publics ou privés le souhaitent."
 

"La situation est très préoccupante"


"On en est à essayer d’ouvrir au plus tôt pour arrêter de perdre de l’argent, résume très simplement le directeur de Nausicaá, la situation est effectivement très préoccupante." Après avoir établi un protocole sanitaire rigoureux, la Préfecture a autorisé l’aquarium boulonnais à rouvrir dès le 4 juin. "Un soulagement" pour Frédéric Cuvillier, qui rappelle que "toute journée gagnée est une chance supplémentaire donnée à Nausicaá."
 

Aujourd'hui, on regarde comment venir au secours de Nausicaa.
 

Le directeur de Nausicaá assure néanmoins que, malgré cette période particulièrement difficile, licencier du personnel n’est absolument pas prévu pour le moment. 
 

Projets à l’arrêt


L’année 2020 devait de nouveau rimer avec transformations dans le parc. En effet, après la première extension achevée en 2018 qui aura coûté 85 millions d’euros, une deuxième phase de travaux - estimée à 30 millions d’euros - devait débuter pour accueillir un univers polaire. Ce projet est à l’arrêt pour le moment. "Il faudra remettre l’ensemble du projet sur la table pour y retravailler" admet Frédéric Cuvillier. 
 

"L’urgence, c’est l’ouverture des frontières. Nous ne sommes pas une attraction locale, nous avons beaucoup de visiteurs belges, néerlandais, allemands" rappelle le maire de Boulogne-sur-Mer.

En 2018, l’aquarium Nausicaá remodelé avait attiré 874 000 curieux. Un résultat équivalent en 2019 avec environ 850 000 tickets. L’objectif de l’année 2020 était de dépasser le million de visiteurs, un pari qui semble aujourd’hui irréalisable pour l’aquarium boulonnais à l'avenir bien incertain.
 
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