Salon de l'agriculture : la mostelle, un poisson méconnu des Hauts-de-France, une alternative au cabillaud "à moins de 10 euros le kilo"

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Écrit par Daniel Ielli

La région Hauts-de-France et sa filière pêche sont à l'honneur au Salon de l'Agriculture. Pour les visiteurs, c'est l'occasion rêvée de découvrir les différents produits de la mer souvent méconnus et pourtant bon marché et facile à cuisiner.

Baudroie, harengs, crabes ou coques, sur l'étal du stand de la filière pêche des Hauts-de-France, les visiteurs du Salon de l'Agriculture ont le choix. Et pourtant, il ne s'agit que d'un tout petit échantillon des ressources de la mer.

Ce mardi 1er mars est un jour particulier pour la région, qui inaugure officiellement son espace. Alors pour valoriser ses atouts et convaincre le public d'acheter poissons, coquillages ou crustacés, rien ne remplace une animation avec des chefs aux fourneaux.

Ici, Fabien Priez, chef de cuisine à L'Estaminet Gourmand de Villeneuve d'Ascq, prépare une mostelle à la grenobloise, accompagnée de son suprême de citron et de câpres. La grenobloise, c'est une tranche de pain de mie aplatie et posée sur le poisson. La mostelle est ensuite cuite dans un mélange beurre-huile, le pain côté poêle.

L'enjeu pour les représentants de la filière pêche est multiple. "La mostelle, je ne connaissais pas trop, avoue Jacky Masse, chef emblématique de la baie de Somme et présent lui-aussi au salon. Mais il suffit de discuter avec les gens autour et vous en aurez toujours un pour vous dire 'moi je connais, c'est très bon'. Le consommateur ne doit pas hésiter à demander conseil à son poissonnier !"

Le poisson, c'est comme un blanc de volaille, un peu de beure, un peu d'huile, vous le snackez, une gousse d'ail, on arrose bien avec le jus, un peu d'épices et dans la poêle vous rajoutez des légumes primeurs coupés finement.

Jacky Masse, chef de La Terrasse à Fort-Mahon-Plage

Il faut convaincre le consommateur que le poisson se cuisine aussi facilement qu'un autre produit. Jacky Masse rappelle alors un principe simple, les chefs ne vivent pas en univers clos mais font partie d'un écosystème : "Nous devons nous adapter à la saisonnalité des pêches, écouter les pêcheurs, travailler le meilleur produit au bon moment".

Une filière pêche rassemblée

Ce n'est pas Valérie Rioust, animatrice du collectif "Boulogne-sur-Mer La mer en direct" qui va contredire le chef Masse. Cette structure fédère tous les professionnels : pêcheurs et mareyeurs, les secteurs surgélation, conserverie, coproduits, logistique-froid, consommation durable et la gamme traiteur. Dans les Hauts-de-France, la filière pêche est un acteur économique important.

Boulogne-sur-Mer est le 1er port de pêche de France avec 30 000 tonnes de poissons à la criée. C'est aussi la première plateforme de transformation des produits de la mer de l'Union Européenne. "La cité portuaire regroupe à elle seule 150 entreprises du secteur, 125 navires, 600 pêcheurs embarqués, 400 pêcheurs à pied et génère 5 000 emplois directs" précise Benoît Firmin, responsable communication du Comité des pêches des Hauts-de-France "et sur seulement 200 km de littoral".

Pour son inauguration officielle, l'espace Hauts-de-France a reçu la visite de nombreux responsables politiques, à commencer par Xavier Bertrand. Le président de la région a rappelé son soutien à la filière pêche.

Participer au Salon de l'Agriculture est donc un temps fort pour tous les acteurs de la filière. "Ici on a toute la France qui passe, c'est l'occasion où jamais de pouvoir parler de nos métiers, rencontrer le consommateur, le rassurer" conclue Valérie Rioust. 

Et aussi de lui faire découvrir de nouveaux produits comme la mostelle ! Un poisson que l'on trouve en eau profonde au large de la Côte d'Opale. Et à 10 euros le kilo, elle offre aux consommateurs une alternative intéressante au cabillaud notamment. Victime de son succès, ce poisson est en surpêche selon les associations de défense animale et sa population diminue.

En Hauts-de-France, les acteurs présents à Paris rappellent ainsi aux visiteurs qu'ils défendent une filière "zéro déchets". Tous ce qui n'est pas mangé est revalorisé. C'est valable pour notre mostelle, aujourd'hui cuisinée, mais aussi pour tous les poissons, coquillages et crustacés. On les retrouve dans des produits cosmétiques ou même intégrés dans différents matériaux.