Calais : visite de Marlène Schiappa pour évoquer la situation humanitaire des migrants

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Écrit par Baptiste Mezerette
Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès de Gérald Darmanin, chargée de la citoyenneté.
Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès de Gérald Darmanin, chargée de la citoyenneté. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa, est en visite à Calais, ce mercredi 1 décembre, pour évoquer la situation humanitaire relative aux migrants. Elle assistera à une distribution alimentaire, rencontrera les associations mandatées par l'Etat et s'entretiendra avec la maire, Natacha Bouchard.

Une visite dans un climat de tension. Le déplacement à Calais de Marlène Schiappa, survient une semaine après le naufrage ayant causé la mort de 27 migrants dans la Manche. Un drame annoncé et redouté depuis plusieurs années par les associations et acteurs de terrain.

"Faire un état des lieux du volet humanitaire et constater l'engagement de l'Etat sur place." Voilà le motif officiel de la venue de la ministre déléguée auprès de Gérald Darmanin, chargée de la citoyenneté.

Une manifestation symbolique devant la mairie de Calais

Justement, les humanitaires alertent de longue date sur la dangerosité et l'ineptie de la situation migratoire sur la Côte d'Opale.

Ce mercredi après-midi, à 16 heures, un rassemblement a été organisé sur le parvis de la mairie de Calais, à l'initiative d'Utopia 56, une association venant en aide aux réfugiés. Une action symbolique "en hommage à tous les mort.es et disparu.es à la frontière franco-britannique".

Tentes lacérées lors d'opérations de démantèlement de camps, interdiction de distribution alimentaire... "Une violence quotidienne et incessante", assure Jean-Claude Lenoir, président de l'association Salam.

Dans une tribune publié ce même jour, mercredi 1 décembre, sur France info, plusieurs associations somment le gouvernement de "tirer les conclusions du drame survenu le 24 novembre : arrêter les actes de maltraitance, proposer des systèmes de mise à l’abri tout le long du littoral, autoriser les personnes exilées à déposer une demande d’asile ou de séjour en France".

En octobre dernier, Anaïs Vogel et Ludovic Holbein, deux militants associatifs, avaient déjà mené une grève de la faim pour dénoncer le traitement "inhumain" infligé aux migrants. Un jeûne suivi en partie par le prêtre Philippe Demeestère qui demandait à "mettre fin aux violences infligées aux migrants de Calais." 

Rencontre avec la maire de Calais

Au programme de cette journée, Marlène Schiappa se rend à 10 heures, rue Jacques Monod, pour une distribution de repas. Pour rappel, depuis le mois de septembre 2020, cette distribution est limitée par un arrêté préfectoral régulièrement renouvelé. Celui-ci interdit à toute association non mandatée par l'Etat de fournir des denrées alimentaires aux migrants.

Seules trois associations (La Vie active, Audasse, France terre d'asile) sont autorisées à délivrer de la nourriture et de l'eau aux exilés. Pour François Guennoc, président de l'Auberge des migrants, qui propose des distributions sans autorisation, c'est insuffisant pour subvenir aux besoins des migrants. "L'Etat devrait nous laisser travailler et arrêter d'entraver nos actions", dit-il. Il note également "qu'à mesure du temps l'action des associations mandatées par l'Etat s'est réduite".

Visite du centre d'accueil des demandeurs d'asile

Après avoir survolé le littoral dans un hélicoptère, Marlène Schiappa déjeunera ensuite avec Natacha Bouchard, la maire de Calais. Cette dernière, depuis le naufrage de 27 migrants, demande "impérativement, la création d'aires d'accueil supplémentaires à l'intérieur des pays de l'Union européenne pour pouvoir faire les mises à l'abri".

La ministre déléguée à la citoyenneté bouclera sa visite en début d'après-midi au centre d'accueil des demandeurs d'asile d'Arras, géré par l'association Audasse. Son président, Tony Grenier, ne manquera pas d'interroger la membre du gouvernement sur la politique de droit d'asile en France. "Il faut améliorer l'insertion des demandeurs d'asile en France", assure-t-il.

Depuis le naufrage du 24 novembre, le gouvernement souhaite marquer la présence de l'Etat sur la Côte d'Opale. En effet, en une semaine, c'est la troisième visite ministérielle à Calais, après les deux précédentes du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le 24 et le 28 novembre. 

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