Un gendarme blessé au couteau lors d'une opération pour empêcher la traversée d'un groupe de migrants

Les faits se sont produits ce samedi 29 avril, en début de matinée, à proximité de Calais dans le Pas-de-Calais. Un gendarme a été blessé légèrement.

Aux alentours de 7 heures, à Oye-Plage (Pas-de-Calais), 60 à 80 migrants ont tenté d’embarquer à bord d’un bateau gonflable pour rejoindre l’Angleterre. Au moment de sa mise à l’eau, des gendarmes sont intervenus pour empêcher la traversée. L’un d’eux a alors été blessé.

Le coup est venu de derrière. Un couteau a été enfoncé profondément au niveau de la main, une artère a été touchée et le gendarme a dû être opéré.

Général Frantz Tavart

Commandant du groupement de gendarmerie du Pas-de-Calais

"Malheureusement, l’auteur des coups n’a pas pu être reconnu. Il a dû se débarrasser du couteau", précise le général Frantz Tavart. Le gendarme a déposé plainte et une enquête est en cours.

Plusieurs tentatives cette nuit

Dans la nuit de vendredi à samedi, 55 gendarmes du groupement du Pas-de-Calais ainsi qu’une centaine de réservistes étaient mobilisés sur le littoral. Trois embarcations ont été détruites sur le même secteur.

"Notre mission consiste à neutraliser la traversée et pour cela, le seul moyen trouvé est la destruction du bateau", explique le général Frantz Tavart. 

L’association Utopia 56 était également présente sur le littoral cette nuit-là. "Au total, nous avons rencontré au moins 150 personnes dont onze enfants de moins de 10 ans", compte Amélie Moyart, coordinatrice pour la zone de Grande-Synthe. "Nous avons par exemple croisé un groupe d’une cinquantaine de personnes trempées de la tête au pied."

Il y avait aussi un couple avec un bébé de 20 mois. Les pompiers nous ont appelés pour avoir des vêtements secs et ils ont été transportés à l’hôpital.

Amélie Moyart

Coordinatrice Utopia 56 pour la zone de Grande-Synthe

La bénévole ignore toutefois si certains d’entre eux étaient présents sur place lorsqu'un gendarme a été blessé. "Nous attendons d’avoir plus d’informations pour savoir ce qui s’est passé", ajoute-t-elle, confirmant avoir aperçu un dispositif policier important.

Un usage du gaz lacrymogène ?

"Cette fois-ci, ça a dégéné mais pour nous, les violences sont quotidiennes", raconte Amélie Moyart, rappelant que l'association a déjà saisi l'IGPN. "Nous avons énormément de témoignages de personnes qui racontent que du gaz lacrymogène est utilisé sur le tout le groupe, sans distinction."

Interrogé, le général Frantz Tavart assume : "Dans la cohue, tout le monde en prend dans les bronches. Je suis pour une utilisation proportionnée face à un risque de noyade. Ça reste un moindre mal que d'être confronté à un drame comme en novembre 2021 où 27 corps se sont alignés."

D'après l'AFP, environ 46 000 personnes ont traversé la Manche en 2022 à bord de petites embarcations. Cinq sont mortes et quatre ont disparu dans ces dangereuses traversées, selon le décompte de la préfecture maritime.