Marine Le Pen fait sa rentrée politique à Hénin-Beaumont

Marine Le Pen lance la bataille des municipales depuis sa circonscription à Hénin-Beaumont. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Marine Le Pen lance la bataille des municipales depuis sa circonscription à Hénin-Beaumont. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

La braderie d'Hénin-Beaumont a marqué la rentrée politique de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national et députée du Pas-de-Calais.

Par A.-L. J. avec Jean-Louis Manand et AFP

A quelques mois des municipales, Marine Le Pen a choisi sa circonscription d'Henin-Beaumont pour faire sa rentrée politique. Elle a déambulé au milieu des rues de la ville aux côtés du maire Steeve Briois. Sur place, la présidente du Rassemblement national a évoqué plusieurs sujets de ce début septembre. 

 

Les municipales, un "prélude" à 2022 


La bataille pour les municipales est lancée. Le Rassemblement national a son fief à Hénin-Beaumont. Depuis que la ville a été conquise par le parti en 2014, il récolte des résultats avoisinant les 60 % à chaque scrutin. 

Hénin-Beaumont est devenu le modèle à suivre les candidats du RN pour les élections municipales de 2020. Plusieurs villes dans le Bassin Minier sont dans le viseur du Rassemblement National, en particulier Carvin, Liévin, Bruay-la-Buissière et Lens. 
 
 

Marine Le Pen a déclaré : "Chaque liste présentée, chaque siège de conseiller municipal obtenu, chaque mairie conquise seront autant de marches franchies, de nouvelles avancées annonçant de nouvelles conquêtes notamment départementales et régionales dès 2021, prélude à la grande élection présidentielle de 2022."

La dirigeante du RN souhaite incarner la seule alternative, appelant "tous ceux qui le souhaitent, de droite, de gauche, du centre", à la rejoindre. "Nous sommes pleins d'entrain, en famille, de plus en plus nombreux" pour "conduire l'opposition vers l'alternance nationale si nécessaire et si urgente !", s'est-elle exclamée. 

 

Reportage à Hénin-Baumont de Jean-Louis Manand et Sergio Rosenstrauch.


Une rentrée semée d'embûches

 

Mais la rentrée politique du RN est aussi semée d'embûches : alors que ses alliés italiens et autrichiens, que Marine Le Pen utilisait comme argument pour montrer sa capacité à gouverner le pays, ne sont plus au pouvoir, elle peine a attirer des alliés à droite, les candidats LR se tournant plus facilement vers LREM.

 


De plus, si sa nièce Marion Maréchal assure ne pas vouloir revenir en politique, elle est de plus en plus présente et participera le 28 septembre à Paris à une "convention de la droite" organisée par ses proches.

"Ils vont discuter, émettre des idées, c'est positif ! (...) Mais nous ne sommes pas dans la même démarche : je suis la patronne d'un mouvement politique, ce qui n'est pas le cas de Marion", a-t-elle asséné, ajoutant plus tard: "elle est à la tête d'une école (...) Nous, nous sommes dans une situation de préparation des élections".

 

Gilets jaunes : les "mutilations des manifestants, marque indélébile du quinquennat Macron"


Marine Le Pen a dénoncé les "dérives antidémocratiques" et "impardonnables" du gouvernement lors des manifestations des "gilets jaunes" depuis un an, les "mutilations des manifestants" constituant selon elle la "marque indélébile du quinquennat Macron".

La présidente du Rassemblement national a vivement critiqué la gestion gouvernementale de cette "crise sociale", dénonçant "l'arrogance des dirigeants et le mépris de classe" qui ont, ces derniers mois, "profondément divisé" les Français. "La pire faute politique de M. Macron sera d'avoir lancé les Français les uns contre les autres", a-t-elle estimé.

"On a vu des chars dans Paris, des policiers armés de pistolets-mitrailleurs, pour faire face à des Français", a regretté la patronne du RN, assurant : "ces dérives antidémocratiques constituent une faute éthique, une faute impardonnable que nous ne voulons plus revoir".
  

"La France n'est pas une terre d'asile psychiatrique"


Sur la braderie d'Hénin-Baumont, Marine Le Pen a aussi évoqué des "faits divers tragiques de cet été", commis selon elle par de "prétendus déséquilibrés (...) venus d'ailleurs".

"Un sentiment d'insécurité généralisé s'installe en France. Insécurité physique, avec un ensauvagement progressif de la société, avec ces meurtres gratuits au couteau, à la machette, au sabre japonais, ces lynchages pour des motifs futiles, ces passages à tabac pour un simple regard, ces exactions barbares par de prétendus déséquilibrés souvent venus d'ailleurs", a déclaré la présidente du Rassemblement national.

"A supposer que ces criminels barbares agissent seulement par folie, et non pas comme tout le laisse à croire, pour des motifs politico-religieux, je le dis : la France n'est pas une terre d'asile psychiatrique !", a dit Mme Le Pen. 

Elle a également évoqué la "perspective inquiétante du retour des revenants de Daesh, ou les sorties de prison prévues des condamnés pour terrorisme".

"Chaque jour qui passe voit s'accélérer la submersion de nos rues, de nos villages, de nos villes, par une immigration aujourd'hui parfaitement incontrôlée, et la hausse des cartes de séjour s'accélère à un rythme exponentiel (...) Certains quartiers de Paris ont pris les allures de "Jungle de Calais"", a-t-elle encore estimé.

"Il est temps de remettre un peu d'ordre", a conclu Marine Le Pen, jugeant que "les élections municipales seront l'occasion de placer la sécurité au coeur du débat politique".
 

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