PORTRAIT. Marine Tondelier, de la mairie d'Hénin-Beaumont à la tête du parti écologiste

La conseillère municipale d’Hénin-Beaumont a été élue à la tête du parti EELV ce 10 décembre. Elle avait déjà réuni près de 47% des voix des adhérents lors du premier tour. L’occasion de revenir sur son parcours politique au sein des Verts.

Les 400 délégués du Congrès Europe-Écologie-Les-Verts se sont réunis le 10 décembre pour élire officiellement la numéro 1 du parti. Sans surprises, Marine Tondelier l'a emporté. 

Moins connue hors de la région, cette cadre locale puis nationale d’EELV était déjà arrivée largement en tête devant les cinq autres candidates, lors du premier tour du 26 novembre. Elle dépassait ainsi Sophie Buissière, soutenue par Yannick Jadot, et Mélissa Camara appuyée par Sandrine Rousseau et une partie de l’aile gauche des Verts.

Tombée par hasard dans le combat écologiste

Née en 1986 à Bois-Bernard, dans le Pas-de-Calais, Marine Tondelier grandit à Hénin-Beaumont, où sa mère est dentiste et son père médecin homéopathe. Rien ne la prédestinait à l’écologie politique.

Elle y tombe en 2009, en acceptant par hasard de se rendre à un meeting de José Bové. "Je me souviens surtout de la collection de tee-shirts que j’avais devant moi, j’étais aussi bien d’accord avec ceux qui appelaient à mettre fin aux OGM qu’avec ceux qui abordaient la question de la Palestine", confie-t-elle à Libération. Le soir-même, elle adhère au parti Europe-Écologie-Les-Verts.

Alors étudiante à Sciences Po Lille, elle n’a pas encore l’intention d'y faire carrière. Son master en gestion des établissements de santé en poche, la jeune femme tente le concours pour devenir directrice d’hôpital, passant les écrits avec succès.

Mais à ce moment, le maire socialiste d'Hénin-Beaumont a des problèmes avec la justice, ce qui mène à la tenue d'élections municipales partielles. Elle quitte tout pour le groupe local écolo et s’enrôle sur la liste EELV de sa ville de cœur.

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Marine Tondelier à Hénin-Beaumont, base de son engagement politique, en campagne pour les élections législatives de 2012 ©Christopher Szczurek - Ugo Bernalicis

Une ascension agile au sein du parti

C’est le début d’une ascension continue dans le parti. La femme politique de 36 ans participe à plusieurs élections à tous les échelons, du niveau local à européen. Elle entre au conseil municipal d’Hénin-Beaumont en 2014 et au Conseil Régional des Hauts-de-France sept ans plus tard.

Assez vite, Marine Tondelier côtoie des membres hauts placés du parti, en siégeant à la direction dès 2013. Elle travaille notamment aux côtés de la sénatrice Aline Archimbaud et députée Cécile Duflot jusqu'en 2017, en tant que collaboratrice parlementaire.

David Cormand, ancien patron des Verts, la décrit comme "un arbre à croissance lente" dans Le Parisien. "Elle est solide. Elle a fait tous les étages du parti, y compris les trucs ingrats. Elle est dans la direction depuis dix ans. Pour ses détracteurs, ça la marque au fer rouge, mais c’est une qualité."

Pendant huit ans, Marine Tondelier organise les journées d’été des écologistes tout en travaillant au sein d’une fédération environnementale agréée par l’Etat. Un poste auquel elle a renoncé en décembre, en prévision de son élection au secrétariat général du parti. La député écoféministe devra aussi abandonner son mandat de conseillère d’Hénin-Beaumont.

Une adversaire virulente du RN

Marine Tondelier va ainsi laisser derrière elle ce qui a fait sa marque de fabrique : son opposition à l’extrême droite, dans un de ses bastions.

Elle est en effet une figure clé de l’opposition du maire RN d’Hénin-Beaumont, Steve Briois. L'Héninoise y a aussi affronté Marine Le Pen à trois reprises depuis 2012, aux élections législatives.

"Je suis élue d’opposition au Rassemblement national depuis 2014 et bien placée pour connaitre leur idéologie et leurs méthodes d’extrême droite"

Marine Tondelier pour France 3

Marine Tondelier a même écrit un livre de son expérience face au Rassemblement National, Nouvelles du front (Les Liens qui libèrent). Elle y raconte la gestion de la ville par Steve Briois, entre intimidations, humiliations et copinages. Pour elle, Hénin-Beaumont est "un mélange de Dallas et de Baron noir". "En tant qu’élus, nous sommes régulièrement exposés aux invectives, aux insultes", confie-t-elle à France 3.

Si l’élu local l’attaque en diffamation, la justice tranche en faveur de l’écologiste, "au bénéfice de la bonne foi".

Diriger les Verts : un défi de taille

Désormais, la successeuse de Julien Bayou fait face à un autre défi de taille : rassembler un parti fracturé par les tensions internes. Sortir des querelles et polémiques est une priorité. 

Au lendemain d’une présidentielle où EELV n’obtient que 4,63% des voix au premier tour et de l’affaire Julien Bayou, Marine Tondelier promets la création d’un "grand parti de l’écologie", selon l'AFP. Une promesse cependant commune à tous les congrès.

L'élue nordiste a pour ambition de refonder EELV, en modifiant son nom et ses règles internes. Elle affiche surtout l’objectif de rassembler plus d’un "million de sympathisants" d’ici cinq ans, notamment dans les territoires ruraux et quartiers populaires, alors que le parti ne compte que 15 000 adhérents aujourd’hui. 

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Marine Tondelier demande la fin des individualismes, reportage de France 3 Hauts-de-France en 2013 ©Christopher Szczurek - Ugo Bernalicis

Une tâche compliquée, qui se heurte déjà aux divergences du parti sur les futures élections européennes. Si la cheffe du parti veut une liste écologiste indépendante en 2024, les partisans de son adversaire Melissa Camara prônent en effet les couleurs de la Nupes.

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