Six mois de prison avec sursis pour complicité de provocation à la discrimination requis contre Steeve Briois, maire RN d'Hénin-Beaumont

Le parquet de Nanterre a requis ce mardi 18 juin jusqu'à six mois de prison avec sursis contre deux cadres et une ex-membre du Rassemblement national (RN) pour complicité de provocation à la discrimination, dix ans après la publication d'un "Guide de l'Elu FN" prônant la "priorité nationale".

C'est une affaire qui remonte à plus de 10 ans et qui n'a eu de cesse d'être reportée à des dates ultérieures. Ce mardi 17 juin, le tribunal de Nanterre a rejeté en début d'audience la demande des prévenus de renvoyer une nouvelle fois les débats estimant "qu'un nouveau renvoi nuirait davantage à l'œuvre de justice".

Priorité nationale dans l'accès aux logements sociaux

En 2014 l'association La Maison des Potes, partie civile, porte plainte contre les responsables de la publication du "Petit guide pratique de l'élu municipal Front national". Dans ce document édité avant les municipales de mars 2014, le FN recommandait à ses candidats "l'application des nombreux points du programme Front National", dont "la priorité nationale dans l'accès aux logements sociaux".

Pour Me Slim Ben Achour, l'un des avocats de La Maison des Potes, "l'idée du FN c'est (...) de mettre en place la ségrégation en France en se débarrassant de l'égalité" au détriment des étrangers et immigrés. 

M. Briois, alors secrétaire général du FN, avait rédigé l'éditorial préfaçant ce "guide pratique".

Le procureur a requis six mois d'emprisonnement avec sursis et 10.000 euros d'amende contre deux des prévenus dont le maire d'Hénin-Beaumont Steeve Briois et l'ex-secrétaire nationale du Front national (devenu RN) chargée des élus Sophie Montel, qui a quitté la formation en 2017.

Des réquisitions dénoncées par Steeve Briois dans un tweet rageur :

C'est une grave atteinte à la liberté d'expression à propos d'une mesure de bon sens, largement plébiscitée par les Français

Jordan Bardella, président du Rassemblement national

A l'énoncé de ces réquisitions le Président du Rassemblement national, Jordan Bardella a aussitôt manifesté sa solidarité avec l'élu du Pas-de-Calais. "6 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende requis contre Steeve Briois pour avoir défendu la priorité nationale. Il a tout notre soutien." Poursuivant : " Une grave atteinte à la liberté d'expression à propos d'une mesure de bon sens, largement plébiscitée par les Français."

La défense des prévenus a dans le même esprit argué que "cette idée (celle de la "priorité nationale", ndlr) est soumise au vote de millions d'électeurs français". 

Le Ministère public jugeant au contraire qu'il y a là : "une incitation claire à commettre cette distinction (entre Français et étrangers), ce sont des instructions qui sont carrément données aux élus", a estimé le ministère public.

Aucun des trois prévenus n'était présent à l'audience. Le jugement a été mis en délibéré au 3 septembre prochain.

Avec AFP

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