La prime d'activité, versée aux travailleurs modestes, dans le viseur du gouvernement

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics / © GERARD JULIEN / AFP
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics / © GERARD JULIEN / AFP

Coup de pouce aux travailleurs modestes, la prime d'activité connaît un succès grandissant depuis sa création début 2016. Cette prestation sociale touchée par 2,6 millions de foyers semble être une des cibles du gouvernement, à la recherche d'économies.

Par AFP

Mesure phare d'un plan de lutte contre la pauvreté lancé sous le quinquennat de François Hollande, la prime d'activité est issue de la fusion de la prime pour l'emploi (PPE) et du RSA activité, des dispositifs jugés à l'époque "mal ciblés" et "peu efficaces".

Complément de salaire pour les travailleurs à revenus modestes, elle peut être perçue par toute personne de plus de 18 ans ayant moins de 1.500 euros net de revenu mensuel (environ 1,3 smic), dans le cas d'une personne célibataire sans enfant.

Elle a connu depuis son instauration le 1er janvier 2016 une montée en charge très rapide, dépassant les estimations du gouvernement précédent qui avait tablé sur 2 millions de ménages bénéficiaires, soit un taux de recours de 50% des foyers estimés éligibles.

Selon les derniers chiffres de la Caisse nationale d'allocations familiales, elle a été versée en décembre 2017 à 2,67 millions de foyers, dont près de 500.000 où le bénéficiaire était âgé de 18 à 24 ans, soit un taux de recours de 70%. Son montant moyen était de 158 euros, variable selon la composition et les ressources du foyer.


Revalorisation de 20 euros en octobre


Initialement estimé à 4 milliards d'euros, son coût a atteint les 4,57 milliards d'euros en 2016 puis 5,06 milliards en 2017. "En 2016 quand la prime d'activité a été créée, c'était quatre milliards d'euros. Aujourd'hui, c'est six, alors qu'on a une croissance économique et des créations d'emplois", a critiqué mardi le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

A la recherche de pistes d'économies, le gouvernement regarde de près les aides sociales. "On a un système social qui malheureusement n'a pas réglé le problème de la grande pauvreté en France et qui n'a pas réglé non plus le problème de l'activation vers le travail", a complété M. Darmanin.

Suppression de la prime d'activité ? Modification de certains critères d'attribution ? Aucune piste de réforme n'a pour l'heure été précisée. Le chantier s'annonce d'autant plus compliqué que sa revalorisation de 50% était l'une des mesures sociales du programme du candidat Macron.

Une première revalorisation de 20 euros mensuels, votée dans la loi de Finances 2018, doit intervenir en octobre. Le gouvernement s'était alors engagé à poursuivre cette hausse "chaque année jusqu'à atteindre 80 euros par mois en plus".


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