Quelles communes vont accueillir des migrants de Calais ? Le Préfet ne donnera pas la réponse avant le démantèlement

Ce jeudi, en conférence de presse, le Préfet des Hauts-de-France n'a pas souhaité donner la localisation et la répartition des centres qui devraient accueillir prochainement des migrants venus de Calais.

Le Préfet Michel Lalande ce jeudi à Louvroil.
Le Préfet Michel Lalande ce jeudi à Louvroil. © France 3
Le Préfet des Hauts-de-France a donné une conférence de presse ce jeudi après-midi à Louvroil. On s'attendait à ce qu'il y donne la répartition des Centres d'accueil et d'Orientation dans la région : nombre de centres, communes concernées, répartition des migrants venus de Calais... D'autant que le démantèlement de la "Jungle" de Calais semble imminent (d'ici une à deux semaines ?). Il n'en a rien été.

Principalement pour des raisons de sécurité, a expliqué le Prefet pour justifier ce choix de non-communication. Il a également indiqué que si toutes les places avaient été trouvées (845), il restait encore des incertitudes sur certaines communes. Certains lieux trouvés pourraient finalement ne pas servir. Aucun nom de commune n'a donc été officiellement prononcé ce jeudi. La liste des communes concernées ne sera dévoilée qu'une fois le démantèlement de la "Jungle" de Calais terminé.

Mais les noms de communes, malgré le secret, filtrent au fil des jours : Arleux et Morbecque savent d'ores et déjà qu'il y aura, sauf retournement de dernière minute, un CAO dans leur commune. L'information n'a pas été communiquée aux habitants mais la rumeur enfle

Le maire de Croisilles (près d'Arras dans le Pas-de-Calais) nous a également indiqué qu'un ancien Ephad de sa commune avait été réquisitionné le week-end dernier pour devenir un CAO. Il accueillera 60 migrants. 

Un CAO "secret" à Louvroil

Et puis il y a Louvroil. Si le Préfet s'y est rendu ce jeudi, c'était tout simplement pour lever le secret sur un Centre d'Accueil et d'Orientation (CAO). Ce centre existe depuis 3 mois. Dans la plus grande discrétion. Un sorte de lieu expérimental qui a permis à l'Etat de rôder la structure. "Personne n'en a entendu parler, a expliqué le Préfet. Personne n'a vu la délinquance monter, aucune difficulté particulière n'a été notée." 40 migrants venus de Paris (et quelques-uns de Calais) ont donc été accueillis sans aucune communication dans cette commune près de Maubeuge.

Une convention officielle liant la commune de Louvroil à l'Etat a été signée ce jeudi. "Le CAO ne coûte rien à la commune", a insisté le Préfet : "La seule chose qui est demandée au maire, c'est l'expression d'une certaine fraternité républicaine. Deuxième chose : l'accompagnement social. Troisième chose : un dialogue entre l'Etat et la commune pour garantir l'insertion du CAO dans le territoire."

"Aucun humain ne peut être sourd à cet appel, a affirmé la maire de Louvroil Annick Mattighello pour justifier sa décision d'accueillir ce CAO. Il faut du coeur, de la compassion mais en plus de tout ça, il faut aussi avoir le courage politique. Expliquer à la population : voilà ce que nous pouvons faire pour aider ces populations. "

Les CAO vont servir à orienter les migrants venus de Calais après le démantèlement. Ils devraient y passer quelques mois, le temps d'étudier leur dossier. 
Selon les services de l'Etat, 80% des migrants de Calais relèvent du droit d'asile. L'enjeu est de convaincre les migrants éligibles à l'asile de renoncer à passer en Grande-Bretagne, et ensuite, une fois arrivés dans les CAO, de s'engager effectivement dans la démarche pour ne pas retourner à Calais.
Emmanuelle Cosse et Bernard Cazeneuve ont multiplié les contacts cette semaine avec associations et représentants des cultes, pour les convaincre du caractère "humanitaire" de l'opération. Les autres devraient être renvoyés dans leur pays, selon le gouvernement. 

Les centres d'accueil ont donc déjà été choisis (cela peut être un centre de loisirs, un lieu à remettre en état comme un hôpital désaffecté, un hôtel, une caserne..." mais pas communiqués. Des oppositions à l'accueil de migrants se sont manifestées dans certaines communes. D'où le choix de la discrétion dans la plupart des régions. On ignore à quelle date la localisation des CAO sera communiquée, ni même si elle le sera.

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