Confinement : "C'est sévère et brutal", les commerces non essentiels des Hauts-de-France contraints de fermer à nouveau

Afin de freiner la propagation de la Covid-19, le gouvernement a annoncé jeudi 18 mars un confinement d'un mois pour l'ensemble des Hauts-de-France. Pour les commerçants qui doivent fermer, c'est un nouveau coup dur. La liste de ceux qui peuvent rester ouverts va être dévoilée prochainement.

Dernière journée d'ouverture pour les magasins de la rue de Noyon à Amiens avant un 3e confinement vendredi 19 mars
Dernière journée d'ouverture pour les magasins de la rue de Noyon à Amiens avant un 3e confinement vendredi 19 mars © Florie Castaingts / FTV

Un an après le premier confinement, l'histoire se répète encore. Les 6 millions d'habitants de la région Hauts-de-France vont devoir rester confinés durant quatre semaines à compter du vendredi 19 mars à minuit. 

Un confinement, certes plus souple que les précédents puisque les activités en extérieur sont autorisées dans la limite des 10 kilomètres autour du domicile. En revanche, les commerces non-essentiels doivent rester fermés.

"Le plus difficile c'est cet effet yo-yo, réagit le président de l'association de commerçants d'Amiens, Gaël Mordac. On a fait en sorte d'avoir un regain d'activité depuis le mois de décembre, même si ce n'était pas énorme. Là, quatre semaines c'est sévère et c'est brutal. Beaucoup de personnes ne pensaient pas qu'on allait être aussi confiné. On pensait plutôt à un confinement le week-end comme c'était le cas dans les autres régions. De toute façon c'est une question de santé, donc on ne peut pas discuter sur le principe."

"Je n'ai pas envie de perdre mon travail non plus"

Un coup dur également pour Martine Bourghelle, gérante du magasin Fred Sabatier à Amiens. "On comprend qu'il faut faire très attention, mais si ça continue comme ça, ça va être de plus en plus compliqué, je n'ai pas envie de perdre mon travail non plus, confie-t-elle. Mais on va y arriver, on va s'en sortir tous ensemble et après cela reprendra de plus belle."

Dans l'obligation de fermer dès samedi, Louis Guillaumon, fleuriste à Villereau dans le Nord est obligé de liquider toutes ses fleurs. "Je vais continuer les livraisons et le clic and collect, mais seulement pour les plantes, je ne peux pas prendre le risque de commander des fleurs périssables à part pour les enterrements éventuellement."

Une décision qui va peser lourd sur ce fleuriste ouvert depuis à peine deux mois. "Je me dis que je ne suis pas dans un cas désespéré non plus. Aujourd'hui, il y a beaucoup de monde, les clients sont extraordinaires. J'ai posté un message sur Facebook qui a été partagé plus de 1000 fois. Ça fait vraiment du bien de voir qu'on est aidé", affirme-t-il. 

Le soulagement pour les coiffeurs

Contrairement aux confinements précédents, les salons de coiffure passent cette fois entre les gouttes. Vendredi 19 mars, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal a annoncé sur RTL que les coiffeurs pourront rester ouverts avec "un protocole sanitaire particulier."

Un soulagement pour Benjamin Beauger, gérant du salon de coiffure BB Hair à Amiens. "Hier tout le monde s'est affolé, on s'est dit c'est vraiment un retour en arrière, on recommence", avoue-t-il. Ici, seulement sept clients maximum sont pris en charge, les rendez-vous ainsi que le paiement en avance se font sur internet. "On évite de prendre un client entre les rendez-vous, on a du gel, on désinfecte après chaque passage, je ne sais pas comment on peut renforcer encore plus le protocole", se demande-t-il.

Pour le moment le salon de coiffure est complet. "On a un planning chargé pour les 15 prochains jours, mais après on ne sait pas comment ça va se passer, on ne sait pas si les clients vont venir quand même, si avec l'attestation ce sera possible, tout est encore très flou", confie le gérant. Avec la mise en place du couvre-feu, il a déjà perdu 30% de son chiffre d'affaires. "Après je suis quand même rassuré, je pense aux salons qui sont fermés dans les centres commerciaux, on n'est pas tous logés à la même enseigne."

La liste des commerces qui pourront rester ouverts va être précisée par décret prochainement a annoncé le porte-parole du gouvernement.

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