Dans la Somme, une association de riverains dépose un recours devant le tribunal administratif contre un projet de méthaniseur près d'Amiens

Publié le Mis à jour le
Écrit par Léna Romanowicz
Futur site de méthanisation
Futur site de méthanisation © FTV

Dans la Somme, près de 280 riverains des communes d'Ailly-sur-Somme, de Ferrières, de Dreuil-lès-Amiens et de Saveuse s'apprêtent à déposer un recours auprès du tribunal administratif. Ils s'opposent à l'arrêté préfectoral autorisant l'exploitation d'un méthaniseur.

À Saveuse, près d'Amiens, le projet de méthaniseur va encore faire parler de lui un certain temps. Alors que la préfecture de la Somme a signé un arrêté permettant l'exploitation d'une unité de méthanisation le 28 octobre, près de 280 riverains des quatre communes concernées vont déposer un recours devant le tribunal administratif. 

Le projet, porté par sept exploitants agricoles regroupés au sein de la SAS La Forêt, prévoit la production de biogaz à partir de matières organiques. Très vite, les habitants des communes d'Ailly-sur-Somme, de Ferrières, de Saveuse et de Dreuil-lès-Amiens (toutes les deux situées dans un rayon d'un kilomètre autour du futur site) ont manifesté leur mécontentement. Loin d'être opposée à ce processus, l'association pour le maintien de la qualité de vie ouest amiénois, née en mai 2021, estime que le méthaniseur est trop proche des habitations.

"On ne voulait pas aller au conflit"

Au cœur du problème, la distance qui sépare le méthaniseur et les premières maisons. Avec 400 mètres d'écart, La Forêt respecte largement la réglementation d'implantation des usines (qui est de minimum 100 mètres pour le stockage et 50 mètres pour les usines). Pour des questions de sécurité liée au trafic routier mais aussi pour la préservation du paysage, les habitants refusent cette proximité. "On ne voulait pas aller au conflit mais on est face à des intérêts irréconciliables. Les porteurs du projet ont manqué de tact et d’empathie", déplore Valère Candelier, le président de l'association, pour qui le tribunal constitue la dernière issue possible

"Les quelques gestes reçus ont été faits à contrecœur et sont insuffisants. Nous n'avons jamais eu de concertation ni d'échange avec les porteurs du projet." L'association fait référence aux modifications des itinéraires d’acheminement des matières organiques. Pour apaiser les tensions entre les riverains et les porteurs du projet, la préfecture a obligé La Forêt à revoir leurs trajets afin de réduire les nuisances sonores et autres désagréments liés au passage quotidien de près de 40 camions. 

Autre demande de la préfecture, l'abandon d'une cuve de stockage à Ferrières. Et là aussi, ça coince. "On ne voulait pas qu’ils la suppriment mais qu’ils la déplacent", lance le président. 

Objectif : l'indépendance énergétique

De leur côté, les agriculteurs défendent le besoin de renouveler les matières organiques et ainsi de pousser à la transition énergétique dans leur secteur. Une fois cette énergie renouvelable produite sous forme de digestat (les résidus après la fermentation), les professionnels pourront minimiser l'utilisation d'engrais et de pesticides chimiques. 

"Une économie de 3.478,2 tonnes de CO2 par an pour la planète sera réalisée grâce à cette énergie verte", souligne La Forêt. Cette production de gaz vert équivaudra aux besoins en énergies de 1.450 foyers chaque année. 

Avec la crise du coronavirus et ce recours en justice, le démarrage des travaux -prévu pour fin 2022 - devrait prendre plusieurs mois de retard. 

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