Grève dans un établissement pour enfants handicapés à Amiens : "Il y a un manque de moyens au niveau du personnel"

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Écrit par Paul-Antoine Leclercq

Jeudi 1er juillet, le personnel médical et paramédical de l’IEM Saint-Exupéry se met en grève et n’accueillera pas d’enfants. Ils sont soutenus par les parents. La raison de leur colère : un manque de moyen et de personnel qui ne permet de garantir le bon accompagnement des enfants.

"Il y a un manque de moyens au niveau du personnel, un manque d’outils de travail, de communication. Ca fait des mois qu’il y a des dysfonctionnements et que la direction ne nous écoute pas", dénonce Cindy Le Maire, éducatrice à l’IEM Saint-Exupéry d’Amiens.

Créé en 1958, l’IEM (Institut d’éducation motrice) accueille des enfants en situation de handicap moteur, âgés de 3 ans à 18 ans.

Jeudi 1er juillet, "presque l’ensemble du personnel sera en grève", assure-t-elle. Une mère de famille qui a préféré rester anonyme a quant à elle décidé de se joindre à eux. Sa fille, âgée de 10 ans est handicapée, suite à des "séquelles dues à une méningite qu’elle a eu quand elle avait un mois", explique-t-elle. Elle est interne à l’IEM Saint-Exupéry d’Amiens depuis cinq ans. "On sent qu’ils sont à bout, regrette-t-elle. Il y a un réel manque de moyen matériel, un manque d’enseignants, un manque de professionnel et surtout un manque d’évolution pour les enfants. Il y a beaucoup de contrats en CDD donc le personnel tourne tout le temps, il n’y a pas de suivi à long terme".

"Des dysfonctionnements internes"

Un manque de moyen qui a de lourdes conséquences sur la santé des enfants. "Beaucoup d’enfants sont en fauteuil. Et ils n’ont pas les kinés et psychomotriciens qu’il faut. Rendez-vous compte, il y des séances de soins qui ne sont pas assurés", dénonce-t-elle.

Des remarques que la direction entend et souhaite résoudre. "Ce n’est pas un manque de moyen, ce sont des dysfonctionnements internes, assure de son côté Philippe Perrier, directeur général des PEP80. Nous avons mis en place une mission d’inspection interne pour vérifier un certain nombre de fait. Les parents se plaignent à juste titre. On est en train de travailler sur des modes de communication plus efficaces".

10 démissions en un an

"En l’espace d’un an, il y a eu 10 démissions dans le personnel médical et paramédical", regrette Cindy Le Maire. "Ce sont des kinés, des orthophonistes… Des métiers qui peuvent s’exercer en libéral. Ils décident de partir soit pour des raisons financières, soit pour le manque d’organisation au sein de l’établissement, se défend Philippe Perrier. On ne peut pas aligner nos salaires sur ce qu’ils peuvent gagner en libéral… ". L’établissement connait des difficultés pour recruter ces personnels para-médicaux. Mais pour Philippe Perrier "c’est un problème global. Des médecins qualifiés pour ce type de prises en charge, il en manque entre 450 et 600 dans toute la France…"

Concernant le manque de moyen, Philippe Perrier se défend aussi. "On a une capacité d’accueil de 96 élèves. En moyenne on est à 62 enfants par jours. On a établi notre organigramme pour 73,1 équivalents temps plein. Aujourd’hui on est au-dessus, assure-t-il. Donc les moyens on les a. Mais c’est indéniable qu’il y a des problèmes d’organisation".

Jeudi 1er juillet, l'établissement n'accueillera aucun enfant.