"Je ne serai plus jamais la même personne" : cinq mois après son agression par deux chiens, sa plainte a été classée

Attaquée et blessée par deux American Staff qui ont aussi tué un de ses chiens début janvier 2024 à Amiens, Johanna Delamarre a appris mi-mai le classement sous condition de sa plainte. Elle et son père, déterminés à ne pas lâcher l'affaire, ne comprennent pas cette décision qu'ils jugent "inadmissible".

Johanna Delamarre et son père ne décolèrent pas. Cinq mois après l'agression de la femme de 41 ans par deux molosses à Amiens, elle vient d'apprendre que sa plainte avait été classée par le parquet. "On est dégoûtés", résume Johanna. 

Rappel des faits

Le 2 janvier 2024, Johanna promène ses deux chiens sur le chemin du Halage, à Amiens, lorsque deux American Staff l'attaquent. Un de ses chiens, Léon, 12 ans, y perd la vie.

Johanna est, quant à elle, assez gravement mordue au biceps, au bras et à la main, ainsi qu'à la tête. "Elle a dû être opérée du biceps, et son doigt restera tordu à vie", déplore Pascal Delamarre, le père de Johanna. 

Un homme est intervenu pour mettre fin à l'agression. Une riveraine a également tenté de dialoguer avec la propriétaire des chiens présente sur place. Cette dernière serait restée allongée par terre, selon Johanna. "Elle me disait d'arrêter de gueuler alors que je me faisais littéralement bouffer", racontait-elle, encore choquée, à France 3 Hauts-de-France en janvier. 

D'autres personnes ont été victimes de ces deux chiens, dont un homme mordu à la cuisse en décembre 2023. Au total, quatre personnes auraient déposé plainte à Amiens avec les mêmes descriptions des chiens et de leur maîtresse. 

"C'est inadmissible"

Pascal Delamarre accuse la propriétaire des chiens âgée de 63 ans de ne pas avoir "eu un seul geste" pour sa fille et d'être "partie" au moment de l'attaque. "C'est inadmissible qu'il n'y ait pas de punition envers cette femme", souligne-t-il. 

La plainte de Johanna a été classée sous condition. La maîtresse des deux American Staff n'a finalement reçu qu'un avertissement pénal. Et a été contrainte à verser une contribution citoyenne de 150 euros et à rembourser des frais vétérinaires de 285 euros. Elle ne sera donc pas poursuivie.  

Une punition dérisoire pour Johanna. "Pourquoi il n'y a pas de justice ? Cette dame a eu un avertissement ! Mais vous rigolez ! On est où ? Au collège ? C'est que dalle. [...]  Il y a des gens qui se retrouvent en prison pour moins que ça. On est quand même quatre à avoir été attaqués", s'insurge Johanna.  

"Il n'y a pas un jour sans que je pleure"

Depuis son agression, cette Amiénoise explique vivre dans la peur.

Je suis toujours en stress quand je sors ma chienne. Je sors avec des couteaux dans mes poches. [...] À tout moment, je peux la recroiser avec ses chiens.

Johanna Delamarre

 

Les séquelles de l'attaque sont à la fois physiques et psychologiques. "Je vois une psy toutes les semaines et il n'y a pas un jour sans que je pleure." Alors qu'elle aime et travaille avec des chiens depuis des années, ce 2 janvier a tout changé pour Johanna. "Je ne serai plus jamais la même personne", résume-t-elle.

"Je vois ma fille tous les jours et elle ne va pas bien. Elle fait une dépression. Je ne la reconnais plus. Mes petites filles en pâtissent aussi. Ça devient invivable", observe Pascal. 

"On se dit qu'ils n'ont pas ouvert le dossier"

La famille Delamarre ne compte pas s'arrêter là. L'avocat de Johanna a déposé un recours vendredi 17 mai. "Cette décision est hallucinante. Il y a plusieurs infractions dont la destruction d'un animal domestique sans nécessité, des violences ayant entrainé une ITT supérieure à 8 jours... C'est incompréhensible. On se dit qu'ils n'ont pas ouvert le dossier", abonde Me Guillaume Demarcq.

"Il faut que la déléguée du procureur comprenne qu'elle a fait une erreur. [...] Je ne lâcherai pas", promet Pascal. 

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