Première force d'opposition municipale à Amiens, le groupe d'union de la gauche "Amiens c'est l'tien" se sépare

Moins d'une semaine après l'élection de Brigitte Fouré dans le fauteuil de maire d'Amiens, la première force d’opposition au conseil municipal, "Amiens c’est l’tien !" se divise. Elle avait pourtant réussi à réunir les forces de gauche pour les municipales 2020.

Evelyne Becker et Julien Pradat lors du premier conseil municipal d'Amiens, le 4 juillet 2020
Evelyne Becker et Julien Pradat lors du premier conseil municipal d'Amiens, le 4 juillet 2020 © Jérôme Arrignon / FTV
Avec ses 35,95 % des voix obtenues lors du second tour des élections municipales le 25 mars dernier, la liste d’Union de la gauche "Amiens c’est l’tien !"  est devenue le premier groupe d’opposition au conseil municipal d’Amiens. Aujourd’hui, elle se scinde en 3.  Pour quelles raisons ?

10 sièges au conseil municipal


Pour ces élections municipales 2020, la liste d’Union de la gauche est d'abord partie unie, composée de 8 forces politiques ( PS , PCF, LFI, EELV, Génération.s, Picardie debout, Place publique, ensemble 80). Après une campagne houleuse qui s’est déroulée dans un contexte sanitaire inédit, "Amiens c'est l'tien" obtient 10 sièges au conseil municipal. On pouvait supposer que la gauche resterait rassemblée pour peser sur le plan politique et sur les dossiers importants durant ces 6 années de mandat.

C’est tout l’inverse. La gauche choisit de se répartir en trois groupes.
 
Brigitte Fouré fait son discours lors du premier conseil municipal d'Amiens, le 4 juillet 2020
Brigitte Fouré fait son discours lors du premier conseil municipal d'Amiens, le 4 juillet 2020 © Jérôme Arrignon / FTV


Pour Evelyne Becker, d’"Amiens c’est l’tien !"  qui devait devenir maire de la ville en cas de victoire, "c’est une décision du PCF et du PS que nous avons respectée. On préférait maintenir un groupe uni, un groupe qui frappe plus fort. Cette séparation ne marque pas de dissidence entre nous. On va fonctionner comme ça". Même regret du côté de la tête de liste Julien Pradat de ne pas rester au sein d'un même groupe. Il comprend néanmoins "que les partis politiques tiennent à leurs propres étiquettes", mais regrette "qu'il n'y ait pas un dépassement des partis pour créer un mouvement citoyen et politique". "Le but est de rester vigilants pour ne pas dégrader la concertation avec les citoyens. On aura un pied dedans et un pied dehors sur le terrain avec les  militants", précise t-il. 

Une présidence annuelle tournante


En ce qui concerne le fonctionnement du groupe "Amiens c'est l'tien! ", une présidence annuelle tournante a été mise en place. Pour la première année, ce sera l’écologiste Emilie Thérouin qui occupera la place de présidente de groupe."Ça permet de partager les responsablités, explique-t-elle. Je suis la seule avoir de l'expérience et cela me permet de former mes collègues, il y aura des spécialistes par domaine. On sera une opposition vigilante. "    

« Il faut que les partis aient leur raison d’exister »

Rémi Cardon, Premier fédéral du PS de la Somme


Rémi Cardon, le premier fédéral du PS de la Somme, ne parle pas de division des forces de gauche, bien au contraire : « le fait d’être à trois groupe marque l’union. Nous allons avoir la capacité de montrer notre diversité. Il faut que les partis aient leur raison d’exister. Il y aura des intergroupes, des réunions entre chaque président de groupe. Il y a toujours eu un groupe PS/PCF.  Dans l’assemblée, c’est très interessant d’avoir plusieurs  groupes de gauche, ça ne fera qu’enrichir l’expression, c’est plutôt un atout. La répartition du temps de parole est divisé en trois ».

La gauche amiénoise s'organisera de la même manière pour les élections métropolitaines 

Au sein d'Amiens métroplole,  la gauche amiénoise s'organisera de la même manière : 9 conseillers communataires seront répartis dans 3 groupes politiques. Une gauche redoper par ses résulats dans la Somme où elle a vu le nombre de ses élus augmenter. Elle espère créer des alliances au sein des 39 communes que compte la métropole amiénoise et souhaite davantage politiser l'hémicycle communautaire.
 
Ce qui devait être un modèle en vue des prochaines échéances électorales paraît une fois de plus complexe pour la gauche qui a du mal à se rassembler sur le long terme. Aucun problème, affirme-t-on pour les partis historiques comme le PS, qui déjà se projète  pour les prochaines élections départementales et régionales de mars 2021, «  c’est le même principe qui va prévaloir avec une dynamique de rassemblement de la gauche, mais à une condition c’est que les partis restent identifiés», précise Rémi Cardon. Il restera à déterminer le centre de gravité. Qui pour incarner cette nouvelle force de gauche ? 
  
Résultat du second tour des élections municipales à Amiens
Résultat du second tour des élections municipales à Amiens © FTV
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