Procès d'un CRS accusé d'avoir matraqué une Gilet jaune amiénoise : "elle constituait un obstacle"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Léna Romanowicz
Le CRS accusé d'avoir matraqué une Gilet jaune était entendu le 18 novembre.
Le CRS accusé d'avoir matraqué une Gilet jaune était entendu le 18 novembre. © Léa Broquerie / France Télévisions

Le 20 avril 2019, lors du XXIIIème acte des Gilets jaunes à Paris, une manifestante amiénoise était matraquée à la nuque par un CRS. Après un premier report, le procès du policier s'est tenu le jeudi 18 novembre au tribunal judiciaire de Paris. La décision a été mise en délibéré au 16 décembre.

Il est accusé d'avoir donné un coup de matraque à la nuque d'une Gilet jaune amiénoise. Un commandant divisionnaire de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) était jugé le 18 novembre au tribunal judiciaire de Paris, plus de deux ans après la plainte déposée contre X par Mélanie pour violences policières. La décision a été mise en délibéré au 16 décembre.

"J'ai porté qu'un seul coup"

"On me demande de projeter une unité en vue d'interdire la progression de la manifestation. C'était un groupement armé, j'ai porté qu'un seul coup. Elle constituait un obstacle", se défend le policier à la barre, une première pour lui "en 36 ans de carrière."

Vêtu en uniforme, le prévenu poursuit en soulignant que la moitié de ses hommes (huit sur seize) sont eux aussi blessés ce jour-là. "Quand on est en pleine course on ne sait pas où on pousse. C'est offensif pour tenir la manifestation." Lors de cette offensive, il porte une matraque rigide en caoutchouc mesurant 60 centimètres. Celle-là même qu'il utilisera pour frapper le dos de Mélanie. 

Dans la salle, une dizaine de Gilets jaunes sont venus soutenir la travailleuse sociale. Pour elle, le mouvement "représentait tout ce qu'il y avait de meilleur." Les mains tremblantes, Mélanie avoue qu'elle est en arrêt maladie depuis un an et qu'elle craint les forces de l'ordre depuis cet épisode. 

Acte XXIII des Gilets jaunes

Les faits remontent à l'acte XXIII des Gilets jaunes, le 20 avril 2019. Porte-parole "des réfractaires du 80", Mélanie, mère de deux enfants et âgée de 39 ans à l'époque, se rend à Paris avec son mari et d'autres manifestants. Arrivée quai de Jemmapes, la foule fait demi-tour et c'est le trou noir. Après un passage à l'hôpital et une entorse aux cervicales, Mélanie rentre chez elle et découvre sur une vidéo devenue virale qu'un policier est à l'origine de sa chute.

"Quand je vais aux manifestations, je crie les revendications. Je ne suis pas quelqu'un de violent. Je ne suis pas là pour casser du flic. On voit d'ailleurs sur les images que j'ai juste un sac à dos, des habits colorés. J'ai juste un foulard et une écharpe que je porte été comme hiver", expliquait Mélanie quatre jours après l'accident. 

 

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