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Réforme de la justice : trois questions à Dorothée Fayein-Bourgois, nouvelle bâtonnière d’Amiens

Maître Dorothée Fayein-Bourgois, nouvelle bâtonnière d’Amiens, a pris ses fonctions le 1er janvier 2019. / © France 3 Picardie
Maître Dorothée Fayein-Bourgois, nouvelle bâtonnière d’Amiens, a pris ses fonctions le 1er janvier 2019. / © France 3 Picardie

Le 1er janvier, Maître Dorothée Fayein-Bourgois a pris la tête de l'ordre des avocats d'Amiens, qui regroupe plus de 300 robes noires. Nous avons recueilli ses premières impressions concernant la réforme de la justice qui devrait être mise en place en 2019.
 

Par MCP

Depuis 1957, aucune femme n’avait occupé le poste de bâtonnier d’Amiens. Il aura fallu attendre juin 2018 pour que les choses changent, lorsque Maître Dorothée Fayein-Bourgois a été élue avec 88% des suffrages exprimés. Avocate depuis 2002, elle a pris ses fonctions le 1er janvier 2019. Nous l’avons interviewée au sujet de la réforme de la justice, qui devrait justement être mise en place cette année.

Avec la réforme de la justice, l’objectif est de simplifier les procédures. Comme pour les impôts, les justiciables devront-ils passer par internet ?

Oui, c’est le risque. Tout le monde ne peut que souscrire à cet objectif de simplification. Mais derrière ces mots magiques, il y a des réalités humaines que les avocats, les magistrats et les greffiers ne peuvent pas cautionner. Tous les professionnels de la justice sont inquiets par rapport à cette réforme. Ces mots magiques ne peuvent pas se résoudre à coups de mantra. Ce n’est pas parce qu’on ferme les yeux très forts que les choses vont se réaliser. Je crois que pour porter une ambition pour la justice, et elle le mérite, il faut se remettre en cause. Cette réforme ne prend pas en compte les besoins des justiciables ni les ressources de nos territoires. Derrière ces mots magiques, la simplification et la numérisation, se cache un risque insupportable.

Que pensez-vous du projet de numérisation des procédures ?

Avec la numérisation, on risque de laisser un justiciable seul et démuni face à un ordinateur. Il devra saisir un juge seul et en ligne, ce qui est difficile pour une part importante de la population. Ce qui nous inquiète, c’est la négation des droits. C’est-à-dire que les gens risquent de renoncer à faire valoir les droits dont ils disposent.

Vous reprochez aussi à cette réforme la spécialisation des juridictions ?

Il y aura des tribunaux judiciaires. Ce sera donc la disparition des tribunaux d’instance que la population connaît bien parce que ce sont des juridictions de proximité avec des magistrats spécialisés. Avec ces juridictions spécialisées, le risque c’est de provoquer la disparition de pans entiers de contentieux et l’éloignement des lieux de justice par rapport au justiciable.
 

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