VIDÉO. Plus de 3 000 personnes présentes lors de la cinquième édition de la Marche des fiertés d'Amiens

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La marche des fiertés 2023 à Amiens ©Paul-Guillaume Ipo / Paul Thiry / FTV

La Marche des fiertés s'est tenue samedi 1er juillet 2023 à Amiens dans une ambiance festive. Plus de 3 000 participants étaient rassemblés pour célébrer leurs identités ou encore dénoncer des LGBTphobies toujours présentes en France et dans le monde.

Si le mois des fiertés qui a lieu en juin est terminé, à Amiens, la marche a eu lieu ce samedi 1er juillet 2023 dans une ambiance festive.

Plus de 3000 personnes étaient présentes au cours de cette cinquième édition, selon les chiffres des organisateurs : un record.

"Montrer qu'on est là, qu'on existe, qu'on est des gens comme tout le monde"

Pour certaines personnes présentes, c'était une première. C'est le cas d'un marcheur, qui voit en cette Pride "ce qui représente le mieux notre société", "un mélange des cultures, de ce à quoi on croit, de ce qu'on représente : c'est vraiment l'exemple parfait pour moi". 

Un habitué, quant à lui, estime que cette marche met en lumière des "valeurs que tout le monde devrait soutenir pour les libertés, pour le monde entier". Quant à un autre marcheur, sa présence est une manière de "montrer qu'on est là, qu'on existe, qu'on est des gens comme tout le monde" qui doivent "être acceptés". 

Virginie Mallet, membre des Rosies d'Amiens explique que la participation du collectif féministe permet de "renforcer la visibilité de l'ensemble des gens et pas uniquement, pour une fois, la cause des femmes".

Elle souligne qu'il est "important de mutualiser et de fédérer l'ensemble du peuple autour de causes communes qui fait qu'à un moment, on sera fort tous ensemble, et que ce n'est pas en faisant des communautés qu'on y arrivera. C'est tous ensemble, selon nos diversités", insiste-t-elle. 

Une "attention toute particulière" donnée à la sécurité

La marche des fiertés aurait pu ne pas se tenir cette année. De nombreux rassemblements ont été annulés dans l'ensemble du pays à la suite des révoltes provoquées par la mort de Nahel, un adolescent de 17 ans, tué par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine), mardi 27 juin dernier après un refus d'obtempérer.  

Louis Sachy, co-président de l'association Flash Your True Colors, note qu'une "attention toute particulière" "a été donnée "vis-à-vis de la sécurité, que ce soit dans le travail qu'on a eu en relation avec la ville d'Amiens, avec la préfecture de la Somme, avec les forces de l'ordre".

Il note "que ces derniers jours, on s'est appelés tous les jours pour en parler, pour mettre en place des mesures". Parmi elles, plus de forces de l'ordre, dont "des policiers en civil supplémentaires, des policiers qui viennent d'autres villes aussi", mais aussi un service de secouristes renforcé "avec une ambulance supplémentaire, des secouristes supplémentaires".

"L'idée était d'être sûr que tout allait bien se passer. On a renforcé notre service d'ordre et là visiblement tout se passe bien", se réjouit-il. 

"Il y a une augmentation de l'homophobie et des LGBTphobies en France"

Marie-Paul Demolin, référente LGBTI pour Amnesty International Hauts-de-France rappelle qu'il existe toujours "des pays où l'homosexualité vaut peine de mort et donc on se bat contre ça, on se bat aussi pour que les Marches des fiertés soient autorisées partout dans le monde", et que les personnes qui y participent "soient protégées". 

Ce message est partagé par un autre marcheur, fier de voir que "dans des villes comme Amiens, on ait toujours une Pride pour démontrer et dénoncer les LGBTphobies dans le monde."

Mais il ne cache pas non plus son inquiétude face à l'augmentation des LGBTphobies en France. "On est très inquiets vis-à-vis de nos frères, soeurs - on les considère tous comme ça - et on est aussi très inquiets pour nous" car "toute cette haine, toute cette violence provoque vraiment de grosses instabilités pour nous, et on a très peur : que ce soit au travail, dans la vie de tous les jours, etc."

Il confie avoir eu "très peur" de montrer son drapeau dans la rue, "parce que par sécurité, je ne préfère pas attirer d'ennuis, alors je le cache. Mais j'aimerais bien pouvoir sortir sans vouloir me cacher, sans avoir à me cacher". 

Et s'il avait un message à faire passer, ce serait d'inviter "toutes celles et ceux qui veulent vraiment s'investir à venir dans les associations, à aider les autres et les campagnes qui, elles, n'ont pas le droit à leur pride", conclut-il. 

Avec Paul-Guillaume Ipo / FTV