"Après ça, on occupera l'école" : une chaîne humaine pour protester contre une fermeture de classe

À Nouvion, dans la Somme, des parents tentent une dernière action pour sauver leur classe. Après une opération "école morte" puis un boycott, tous les deux très suivis, les parents cherchent une dernière fois à se faire entendre.

Ce lundi 11 mars, à la fin des cours, les parents ont fait une chaîne humaine qui réunissait presque 40 personnes. Désormais, ils envisagent d'occuper l'établissement pour la nuit. C'est leur dernière carte à jouer avant la décision définitive du conseil départemental de l'éducation nationale, jeudi 14 mars. 

L'école primaire de Nouvion-en-Ponthieu dans la Somme devrait voir l'une de ses classes fermer à la rentrée prochaine. Les parents s'y opposent fermement depuis des mois. Pour interpeller l'académie, ils ont déjà organisé une opération "école morte" puis un boycott. Onze d'entre eux ont aussi pu discuter avec le rectorat. Sans succès. 

L’occupation comme dernier rempart 

Les parents sont pour la plupart vêtus de noir ce lundi après-midi. Leur principale crainte, c'est qu'il y ait des classes à double niveau : "en CP, ils sont 16, mais s'il y a un double niveau, ils seront 27 avec les CE1", s'inquiète Aurélie Cardon, maman d'un élève de CM1 à l'école de Nouvion.

On mélangerait des enfants qui savent lire avec des enfants qui ne savent pas lire. Ici, il y a beaucoup d'élèves en difficulté et les professeurs n'auront plus de temps pour eux

Aurélie Cardon, parent d'élève

Pour la mère de famille, il n'y a plus qu'une solution. "À Abbeville, une classe a été sauvée grâce à l'occupation. On espère que ce sera pareil pour nous", explique-t-elle. À 16h30, elle est venue défendre son école malgré la pluie. "On a apporté un cercueil puisque c'est l'enterrement de notre classe. On est venus pour la chaîne humaine et après ça on occupera l'école", raconte Aurélie Cardon. 

À 18h30, ils sont quatre parents dans l'enceinte de l'école. "On attend une vingtaine de parents qui travaillent et nous rejoindront plus tard. On est prêts à rester toute la nuit s'il le faut", ajoute la mère de famille.

"Pour eux, nos enfants sont des pions"

"On ne comprend pas" s'indigne Aurélie Cardon. "Un coup, ils disent que les effectifs baissent alors que nous, on compte deux élèves de plus ; un coup, c'est la sectorisation. Ils veulent mettre des élèves au Crotoy et en faire venir d'autres ici."

En effet, les villes et villages alentour sont aussi touchés par une réorganisation. Le but étant de regrouper les élèves de plusieurs communes dans une même classe lorsqu'ils sont trop peu nombreux du point de vue de l'académie. "Pour eux, nos enfants sont des pions", déplore la maman. 

Le sentiment de ne pas être écoutés

Avant d'en arriver là, les parents ont tenté des méthodes plus diplomatiques. Aurélie Cardon s'agace : "On était une vingtaine de parents devant l'Académie à Amiens et seulement la moitié d'entre nous a été reçue. On a juste eu une minute chacun pour s'exprimer. De toute façon, ils ont pris leur décision et on n’est pas écoutés." 

Cette fois, ils espèrent être entendus. "Jeudi, on retourne à Amiens parce qu'ils doivent rendre leur décision. S'ils choisissent de fermer notre classe, il y a peu de chance qu'ils reviennent en arrière. On espère ne plus être dans ce danger d'ici là", conclut la mère de famille. 

Avec Rémi Paquelet.

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