L’épeautre, une céréale oubliée remise avec succès au goût du jour par un agriculteur autodidacte, dans la Somme

C’est en 1989 que l’aventure de Marc Desjardins commence à Froyelles. Il reprend alors une vieille ferme qu’il s’attelle à restaurer. Il produit aujourd'hui de la semoule et de la bière d'épeautre.

Dans les années 1990, ce père de neuf enfants rêve de cultiver une céréale oubliée : l’épeautre afin de devenir meunier. Rêve déchu il y a plus de vingt ans mais qui lui apporte aujourd’hui un beau succès. 
L’épeautre, c’est un peu la cousine éloignée du blé. C’est un peu elle que l’on connaît trop peu mais qui est pourtant bien meilleure. 

Celle qu’on appelle également le blé des Gaulois est pourtant cultivée depuis plus de 9 000 ans en Europe. Elle donne ainsi une farine très noble et pauvre en gluten, ses qualités gustatives lui octroient d’ailleurs un petit goût de noisette.

Dans les années 1990, c’était un projet un peu farfelu, je voulais devenir meunier

Marc Desjardins

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Marc Desjardins, agriculteur céréalier à Froyelles (Somme), cultive une céréale oubliée : l’épeautre ©France Télévisions / MédiaTV

L'or de Froyelles, de la fourche à la fourchette 

C’est en 2017, avec sa seconde épouse Marie Claire, qui porte le nom du moulin, que Marc Desjardins se lance dans l’aventure de l’épeautre, avec pour volonté de produire du bon afin de cibler l’excellence. 

"Dans les années 1990, c’était un projet un peu farfelu, je voulais devenir meunier. Malheureusement ça n’a pas fonctionné. Mais en 2016 avec Marie Claire, on s’est lancé et c’était la meilleure décision".

"Donner du sens à ce que je produisais"

Cet agriculteur autodidacte, qui produit également des betteraves, du blé ou encore du colza sur ses 135 hectares de terre, rêvait d’une production avec une véritable considération. "J’ai eu une vie personnelle marquée par les drames. L’épeautre, c’était une façon de donner du sens à ce que je produisais. C’était gratifiant". 

Et quelle aventure ! La farine d’épeautre de Marc se distingue par son excellence. Elle est très vite remarquée, appréciée et utilisée par les grands chefs dans des établissements de renoms comme  Le Cheval Blanc à Paris. 

"La farine c’est comme le vin", et pour Marc, il y a trois critères importants : "Le grain, le moulin et le meunier".  Une belle logique qui pousse les établissements de prestige à se fournir au moulin. "Grâce à mes farines, j’ai rencontré des gens passionnants et passionnés dans le monde de la gastronomie avec qui nous partageons nos connaissances pour mettre en valeur le produit".

De la semoule et même de la bière

Produire du beau et du bon. C’est grâce à son savoir-faire et au travail de variétés anciennes, non transformées et non transformables que les produits de Marc sont si bons. "De la fourche à la fourchette", puisque l’intégralité de la production est faite sur place par Marc et son alternante.

Marc ne s’arrête pas à la céréale brute et à la farine. L’épeautre est également décliné en semoule, pâte ou encore, depuis plus récemment, en bière.

Des produits d’exceptions disponibles en vente directe au moulin, dans la grande distribution et sur un site internet spécialisé dans l’épeautre. 

Avec ses 100 tonnes de production par an et ses 60 ans, Marc commence à lever le pied et profiter de la vie. "L’épeautre m’a donné une liberté et une indépendance que je n’avais plus". Une chance dans ce milieu où le labeur règne en maître. "Petit, je voulais être couturier. Je rêvais d’autre chose. Je suis finalement devenu un créateur de saveurs grâce à l’épeautre". 

Un créateur hors pair, qui a fait de son épeautre l’or de Froyelles.

Article écrit par Paule Thomas-Bayard