Pour favoriser la reproduction des truites dans la Somme, le cheval est utilisé pour le décolmatage des frayères

Pour faciliter la reproduction des truites fario, le décolmatage des frayères est réalisé à l'aide d'une herse traînée dans l'eau par un cheval de trait. Une technique plus efficace et écologique.

À Conty dans la Somme, cela faisait 15 ans qu'un cheval n'avait pas été utilisé pour le décolmatage des frayères. À l'aide d'une herse (un instrument à dents métalliques) qu'il traîne derrière lui, il casse la couche de calcaire qui s'est accumulée dans le lit de la rivière.

Le but : permettre à la truite fario de se reproduire. D'autant plus qu'il s'agit du seul poisson salmonidé à le faire dans les cours d'eau du département.

Faciliter le travail des truites pour leur reproduction

"Lorsqu'elle est mûre, la truite fario vient et elle cherche l'endroit le plus propice pour se reproduire", explique Michel Blanchard, président de la Fédération de pêche de la Somme.

"On est sur une zone de radier, c'est une plage de cailloux assez courante sur laquelle les truites vont venir se reproduire, poursuit Aryendra Pawar, directeur de la Fédération de la pêche de la Somme. Donc, naturellement, les truites vont mobiliser les cailloux pour faire un nid et déposer leurs œufs".

Le décolmatage à la herse permet alors "un pré-nettoyage de cette zone de cailloux". La herse mobilise les 15 premiers centimètres de cailloux pour que les truites fassent leur nid et déposent leurs œufs "plus facilement" durant la période de reproduction "entre fin janvier et février".

Mais avant de s'y mettre, plusieurs facteurs sont à prendre en compte : "on doit faire attention à la nature du sol en dessous, qu'il n'y ait pas de vase, pas de trou d'eau", détaille Benjamin Poilleux, gérant des écuries du Bois de Mont. Ils peuvent néanmoins compter sur les chevaux qui "arrivent à apprécier le terrain avant qu'on ne le voit".

La hauteur et le débit de l'eau sont également à garder à l'esprit car "remonter à chaque fois peut être fatigant pour le cheval. Après, on l'entretient, on le garde en condition et on le laisse souffler régulièrement".

Une technique plus écologique

Aryendra Pawar ajoute que la zone concernée se trouve sur "un secteur qui fait plus de 600 m2 donc, d'habitude, on mobilise souvent des bénévoles avec des crocs et une motopompe".

Mais au vu de la surface concernée et de la compression, "on va avoir les cailloux qui vont s'agglomérer entre eux et créer une sorte de croûte, ce qui va créer des difficultés chez les poissons pour la casser".

C'est là qu'intervient l'outil mécanique, qui permet de "gagner en efficacité sur une surface d'intervention beaucoup plus importante que si on venait le faire à la main".

En effet, "le travail qui est réalisé est environ 4 à 5 fois supérieur à ce que le pôle technique de la fédération réalise avec des motopompes et divers outils, et c'est écologique", insiste Michel Blanchard.

"Je pense que le cheval a sa place en rivière, en forêt, en ville"

De son côté, Benjamin Poilleux note que ce n'est que "la deuxième ou la troisième fois" que cette méthode est utilisée pour travailler et "enlever le calcaire du cour d'eau".

Pour lui, "voir le cheval utilisé, c'est vraiment un plaisir". D'autant plus que cette technique participe de la sauvegarde de la race de chevaux de trait. "Il y en a neuf en France et malheureusement, il y en a quelques-unes comme le Trait du Nord ou du Boulonnais" qui sont en perte d'activité.

"Je pense que le cheval a sa place en rivière, en forêt, en ville. Il peut vraiment aider l'humain, que ce soit en matière écologique et surtout au niveau social", conclut Benjamin Poilleux.

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