Procès Bardon à Amiens : quand l'ADN parle 10 ans après le meurtre d'Elodie Kulik

10 ans après la mort d'Elodie Kulik, grâce à une nouvelle technique, l'ADN retrouvé sur les lieux du crime désigne Grégory Wiart comme l'un des violeurs de la jeune femme. / © Valentin Pasquier / FTV
10 ans après la mort d'Elodie Kulik, grâce à une nouvelle technique, l'ADN retrouvé sur les lieux du crime désigne Grégory Wiart comme l'un des violeurs de la jeune femme. / © Valentin Pasquier / FTV

Il aura fallu 10 ans, presque jour pour jour, pour que l'un des violeurs d'Elodie Kulik soit confondu. Un rebondissement dû à la persévérance des enquêteurs de la cellule dédiée à cette affaire et à une technique jamais utilisée de recoupement d'ADN.

Par Jennifer Alberts


Lorsque les enquêteurs retrouvent le corps d'Elodie Kulik, violée et en partie brûlée, dans un champ de Tertry dans la Somme au matin du 12 janvier 2002, ils découvrent sur les lieux du crime un préservatif usagé et un mégot de cigarette.

Pas de fichier ADN existant à l'époque


L'ADN de ces indices est relevé. Mais le fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg) n'existe pas encore. Impossible donc de comparer les prélèvements et le profil ADN complet.
 

L'enquête va alors piétiner pendant près de 10 ans. Car même après la création du Fnaeg en 1998 suite à l'affaire Guy Georges, l'ADN isolé sur la scène de crime de Tertry ne correspond à aucun profil existant dans la base de données.

En 2011, le capitaine de gendarmerie Emmanuel Pham-Hoai intègre la cellule d'enquête dédiée à l'affaire Kulik au sein du groupement de gendarmerie de la Somme. Biologiste de formation et issu du département biologie de linstitut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. C'est lui qui va relancer l'affaire Kulik.

Une technique utilisée aux Etats-Unis


Il propose d'utiliser la technique de l'ADN apparenté. Une technique courante aux États-Unis mais jamais mise en œuvre en France. Il s'agit de comparer un ADN recueilli sur les lieux d'un crime avec ceux enregistrés dans le Fnaeg pour trouver un lien de parenté entre les deux.
 

Et ça fonctionne. En janvier 2012, presque 10 ans jour pour jour après la mort d'Elodie Kulik, l'ADN du préservatif parle : il correspond au fils d'un homme condamné et fiché pour agression sexuelle. Et ce fils, c'est Gérgory Wiart.

Mort en 2003


Mais Grégory Wiart s'est tué dans un accident de voiture en 2003. Pour être sûrs que l'empreinte génétqiue est bien la sienne, son corps est exhumé le 24 janvier 2012. Et l'analyse ADN est formelle : Grégory Wiart, 23 ans au moment du meurtre d'Elodie Kulik, était bien présent sur les lieux du crime. Les enquêteurs en sont sûrs : il est est l'un des violeurs de la jeune femme.
 

Peu après l’identification de Wiart, 7 hommes âgés de 29 à 46 ans sont placés en garde à vue. L’un d’eux se prénomme Willy Bardon, un quadragénaire qui fréquentait le même club de 4x4 que Grégory Wiart. En janvier 2013, l’homme est mis en examen après que cinq proches ont reconnu sa voix dans l’enregistrement audio de l’appel au secours d’Elodie. Mais son ADN n'a pas été retrouvé sur les lieux du crime.

C'est son procès qui se tient du 21 novembre au 6 décembre au tribunal d'Amiens. Plus de 17 ans après le viol et le meurtre d'Elodie Kulik.
 

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