SPORT. Vainqueur d'un battle européen de breakdance, Kamil Bousselham vise les JO 2024 mais n'oublie pas Amiens

Kamil Bousselham, breakeur de 36 ans originaire d'Amiens, a remporté le 14 octobre le Battle session Europe, une compétition de breakdance réunissant 16 des meilleurs danseurs du continent. Une victoire de plus dans son sprint final pour être le deuxième breakeur français qualifié aux Jeux Olympiques 2024.

Du carrelage des immeubles d'Étouvie aux planches des plus grandes scènes internationales, cela fait 20 ans que Kamil Bousselham vit à fond sa passion du breakdance.

Aujourd'hui âgé de 36 ans, ce danseur d'Amiens a remporté samedi 14 octobre le Battle session Europe à Boulogne-sur-Mer, une compétition réunissant seize breakeurs d'élite européens. Une victoire de plus pour Kamil Bousselham, qui rêve d'être le second français à représenter la France aux Jeux Olympiques 2024 de Paris. Il n'en oublie pas pour autant d'inspirer les jeunes danseurs de Picardie. 

"Avec l'adrénaline qui venait doper mon corps, c'est passé"

Malgré les nombreuses victoires déjà remportées, rien n'était gagné d'avance pour ce battle de Boulogne-sur-Mer.

"Ce genre de compétition est un top 16 européen, les danseurs viennent d’Espagne, Portugal, Hollande, énumère Kamil Bousselham. Tous ces étrangers ont déjà remporté un événement complet dans leur pays pour assister à cette finale, donc c’est vraiment du haut niveau. J’ai eu le parcours le plus dur, car je ne suis tombé contre aucun français, que des européens qui avaient déjà un gros parcours derrière eux, donc je savoure encore plus la victoire !"

"Les JO, c’est l’univers, ça nous met en lumière"

Kamil Bousselham

Ce type de compétition demande une concentration totale et un effort intense, mais Kamil Bousselham ne boude pas son plaisir : "Dans le moment, on est dans une bulle, dans la stratégie, on calcule contre qui on tombe, on adapte son programme à l’adversaire selon ses points forts... Mais il y a quand même du plaisir, quand t’es un mec comme moi qui a 20 ans de danse. Je n'ai plus le stress qui ferait mal vivre le moment."

C'est cependant grâce au collectif que l'Amiénois a pu s'imposer comme vainqueur, malgré la fatigue accumulée. "J'étais là avec Farid, un autre danseur de mon groupe et arrivé en finale, j'étais complètement fatigué. Je lui dis “je suis mort, les muscles sont gonflés, je vais pas assumer les passages que j'ai préparés, je vais foirer". La moindre rature en finale, on se grille. Mais il m’a dit de me faire confiance, de respirer, que ça irait. Au dernier moment, je l’ai écouté, j'ai tenté les passages prévus et avec l’adrénaline qui venait doper mon corps, c’est passé. Je pense que c’est ce qui a fait la différence avec celui d'en face qui a pris moins de risque, alors que j'ai fait un passage très explosif.

Les athlètes du breakdance 

Les muscles qui se congestionnent, l'enchaînement de passages de plus en plus physiques, c'est la nouvelle réalité du breakdance compétitif.

"Il faut travailler le cardio, un passage dure dix minutes, mais c'est très explosif, on devient vite lourds et lents, souligne Kamil Bousselham. Aux JO par exemple, il va falloir faire 17 passages sans se répéter, il faut que le corps assume et reste dynamique. Donc c'est une vraie préparation physique, on mange bien, on ne boit pas, puis on travaille maintenant avec de vrais coachs sportifs qui nous donnent des conseils adaptés au style de danse de chacun. C'est un nouvel univers !"

"C’est le sprint final qui va tout décider, mais il faut aussi écouter son corps pour ne pas se blesser."

Kamil Bousselham

Le breakdance fera en effet partie des disciplines olympiques pour la première fois en 2024. Il a donc fallu définir le système de notation, un processus dans lequel Kamil Bousselham s'est impliqué.

"J’étais ouvert à cette idée, car les JO, c’est l’univers, ça nous met en lumière, salue le danseur. J’ai participé aux réunions et franchement ça ne dénature pas, ce sont les mêmes passages que dans les battles underground, il y a toujours un DJ qui balance des musiques qu’on ne connaît pas et qu’on découvre en freestyle. Par contre, on a moins le côté subjectif dans le jugement. C'est noté comme un sport avec des points, une grille de notation qui prend en compte la musicalité, la créativité, la réaction du public et d'autres critères."

Objectif JO 2024 : "il reste une dernière place, c’est pour celle-ci qu’on se bat"

Jusqu'au moins de janvier, Kamil Bousselham enchaîne les battles pour tenter d'améliorer son classement national et briguer l'ultime place dans l'équipe de France.

"Actuellement, c'est un collègue de Perpignan, Dany Dann qui a eu sa place officiellement. Il reste la dernière place, c’est pour celle-ci qu’on se bat. Elle est à prendre avec différents battles, comme ceux que j’ai remportés dernièrement pour gonfler mon ranking national. En janvier 2024, ils vont commencer à comptabiliser les points, c’est celui qui en aura le plus qui sera choisi. Il va y avoir un open qualification à Shanghai, puis Budapest, j’ai énormément d’événements de ce type. C’est le sprint final qui va tout décider, mais il faut aussi écouter son corps pour ne pas se blesser."

Mais avec toutes ces compétitions, il n'oublie pas les jeunes Amiénois qu'il entraine "Je suis très fier d’être amiénois. J’ai toujours un pied dans l’enseignement, j’aime le partage et quand on enseigne on se perfectionne, conclut Kamil Bousselham. Je coache un groupe de jeunes que je fais voyager dans toute la France, qui ont un très bon niveau en break, je pense à eux et je ne les lâche pas, j’ai beaucoup d’objectifs pour eux.

Dans l'immédiat, Kamil Bousselham fait partie des juges d'un battle à Rouen le 22 octobre.

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