Cet article date de plus de 5 ans

Téteghem : tensions de plus en plus vives entre migrants et forces de l'ordre

Après les échauffourées survenues jeudi entre migrants et forces de l'ordre, nous sommes retournés au camp de Téteghem, près de Dunkerque, où les réfugiés - des familles kurdes et irakiennes pour la plupart - et les élus municipaux sont à bout de nerfs.
Dialogue entre un migrant et le maire de Téteghem au lendemain des échauffourées.
Dialogue entre un migrant et le maire de Téteghem au lendemain des échauffourées. © France 3 Nord Pas-de-Calais
Les incidents ont éclaté, jeudi matin, lorsque les forces de l'ordre ont procédé à leur habituel comptage, dans le camp Téteghem, près de Dunkerque, et enlevé quelques tentes installées de façon sauvage. Quelques centaines de migrants les attendaient avec des pierres. Bilan : 3 blessés chez les gendarmes.

Le lendemain, Franck Dhersin, le maire Les Républicains de Téteghem, était sur place. Des migrants l'ont interpellé lui montrant des blessures reçues lors des échauffourées et des vidéos. "Ce n'est pas nous qui avons attaqué en premier", a assuré l'un d'entre eux. "On leur avait dit qu'on voulait seulement parler. Rien d'autre, mais ils se sont mal comportés. On ne peut pas accepter ça. Dans notre pays, on a combattu les groupes terroristes, Daech. Nous ne sommes pas comme les terroristes. On s'est enfui parce que les terroristes nous ont attaqués à nouveau. Je ne veux pas vivre la même chose ici​."
durée de la vidéo: 01 min 46
Téteghem : tensions de plus en plus vives entre migrants et forces de l'ordre


Un second Calais ?

Le camp où ont éclaté ces violences compte 250 migrants, essentiellement des familles irakiennes et kurdes. Pour la maire de Téteghem, cette rébellion confirme la nécessité de démanteler ce camp. Il craint de voir se développer dans sa commune un second Calais. "Ce camp, on l'a accepté pendant des années, il y avait 80 personnes, ça allait, on le gérait avec les associations, c'était humain", rappelle-t-il. "Aujourd'hui, il n'y a plus rien d'humain. Ni pour ces gens, ni pour ma population. En tant que maire, je le redis, il faut que ce camp s'en aille. Mais en tant qu'humain, je me sens très mal quand je suis ici, je me sens mal. Ils veulent aller en Angleterre mais bon sang, que les Anglais gèrent ça eux mêmes !"

Au regard de ces derniers incidents, le maire voudrait accélérer le démantèlement du camp. Il était prévu pour fin mars 2016. Ce sera peut-être plus tôt.         
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants société immigration