Traversées de la Manche : 159 migrants secourus sur une seule journée entre Boulogne-sur-Mer et Dunkerque

Huit embarcations transportant au total 159 migrants, dont 10 enfants et une femme enceinte, ont été secourues au large des côtes françaises sur la seule journée du jeudi 1er avril. Lorsque la météo est favorable, les tentatives de traversées se multiplient mais les dangers sont toujours présents.

Deux enfants, entourés par la police aux frontières au port de Calais, jeudi 1er avril 2021.
Deux enfants, entourés par la police aux frontières au port de Calais, jeudi 1er avril 2021. © BERNARD BARRON / AFP

Un ciel dégagé, une bonne visibilité et des températures clémentes pour la saison. Lorsque ces trois conditions météorologiques sont réunies, la préfecture de la Manche et de la mer du Nord le sait : les traversée des migrants pour tenter de rejoindre les côtes britanniques depuis le littoral français vont se multiplier. 

Un constat encore une fois illustré par la journée du jeudi 1er avril 2021 : les différents services mobilisés ont secouru huit embarcations tout au long de la journée, pour un total de 159 migrants dont 10 enfants et une femme enceinte.

159 migrants sauvés sur une seule journée

Le premier sauvetage de la journée a eu lieu au large de Dunkerque, en tout début de matinée. Ce sont les migrants eux-mêmes qui ont contacté le CROSS Gris-Nez, le centre opérationnel de  surveillance et de sauvetage, qui engage par la suite les moyens  afin d'intervenir le plus rapidement possible. Les sauveteurs de la SNSM de Dunkerque ont ainsi récupéré 26 naufragés, dont deux femmes et quatre enfants. Certains étaient en état d’hypothermie. 

Tout au long de la journée, les appels ont afflué au CROSS, parfois des migrants eux-mêmes mais également des navires de commerce ou des ferrys, très nombreux à assurer quotidiennement les traversées entre la France et l’Angleterre. Différents services ont été mobilisés : la gendarmerie maritime via sa vedette côtière, la SNSM de Calais ou encore la Marine nationale. 

Une femme d'origine vietnamienne, en état d'hypothermie, secourue par les bénévoles de la SNSM et prise en charge par les pompiers à Calais, le 1er avril 2021.
Une femme d'origine vietnamienne, en état d'hypothermie, secourue par les bénévoles de la SNSM et prise en charge par les pompiers à Calais, le 1er avril 2021. © BERNARD BARRON / AFP

À la fin de la journée, ce sont au total 159 migrants répartis sur huit embarcations qui ont été ramenés sains et saufs sur les côtes françaises, pris en charge par les pompiers et la police aux frontières.

Les dangers existent malgré la météo favorable 

La météo favorable incite les passeurs à multiplier les traversées, et rend un peu moins visibles les risques encourus aux yeux des migrants. "Ils se disent qu’ils voient la côte en face et qu’ils n’ont qu’à aller tout droit", explique Marine Monjardé, porte-parole de la Préfecture de la Manche et de la Mer du Nord (PREMAR). Cependant, elle rappelle qu’une météo considérée comme favorable dans le Pas-de-Calais ne l’est pas "au sens méditerranéen du terme". Elle explique. "Avec les marées, l’impact des courants, la hauteur des vagues ou le vent, les conditions restent très compliquées mais ne sont pas appréhendées". Surtout lorsqu'on sait qu'une traversée sur une embarcation de fortune peut prendre plus de dix heures.

"Avec les marées, l’impact des courants, la hauteur des vagues ou le vent, les conditions restent très compliquées mais ne sont pas appréhendées".

Marine Monjardé, porte-parole de la Préfecture de la Manche et de la Mer du Nord (PREMAR)

L’un des dangers majeurs, c’est la température glaciale de l’eau qui ne dépasse pas les 10 degrés. "Pour quelqu’un en très bonne condition physique, bien équipé et qui tombe à l’eau, on estime à quatre heures maximum sa durée de vie dans l’eau, explique Marine Monjardé. Pour ceux ayant de moins bonnes conditions physiques parce qu’ils sont déjà un peu mouillés sur la plage avant d’embarquer, que les canots sont surchargés et qu’ils n’ont pas de combinaison... la durée de vie dans l’eau est estimée à maximum deux heures, sans parler des enfants"

Une enfant secourue par les bénévoles de la SNSM de Calais, jeudi 1er avril 2021.
Une enfant secourue par les bénévoles de la SNSM de Calais, jeudi 1er avril 2021. © BERNARD BARRON / AFP

Alors le maître-mot est la rapidité d’intervention car "la priorité est la sauvegarde de la vie humaine". D’où l’étroite coopération entre les différents services pour que les plus proches interviennent les premiers. "On n’est pas sur les mêmes objectifs qu’à terre : à terre c’est empêcher, en mer c’est sauver", conclut la porte-parole de la Préfecture de la Manche et de la Mer du Nord.

La préfecture rappelle que la Manche est "une des zones les plus fréquentées au monde". L'année dernière, les autorités avaient recensé au moins 9 500 passages ou tentatives de traversées de la Manche, un chiffre multiplié par 4 par rapport à 2019.

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