Tunnel sous la Manche : Getlink, victime de la quarantaine britannique, renonce à nouveau à ses prévisions

Le répit, cet été, a été de très courte durée pour l'exploitant du Tunnel.

© JUSTIN TALLIS / AFP
Le groupe Getlink, exploitant du Tunnel sous la Manche, a indiqué lundi qu'il renonçait à nouveau à ses prévisions à cause de la crise du coronavirus, qui a encore fait reculer son chiffre d'affaires de 17,4% au troisième trimestre.

Le chiffre d'affaires a atteint 252,1 millions d'euros au troisième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l'année, il est en baisse de 24,9% à 621,6 millions d'euros.

L'été d'Eurotunnel aura été bien court entre la levée de la quatorzaine britannique le 10 juillet et sa reconduction le 8 août pour les voyageurs en provenance de Belgique et le 15 août pour ceux venant de France et des Pays-Bas.

Le chiffre d'affaires de cette division essentielle de Getlink a chuté de 27,3% entre juillet et septembre, à 530,9 millions d'euros.

Trafic d'Eurostar en baisse de 89%

Le trafic des navettes ferroviaires entre la France et l'Angleterre a reculé de 30%, mais la chute n'est que de 3% pour les camions.

En parallèle, le trafic des trains à grande vitesse Eurostar s'est effondré de 89% et celui des trains de marchandises passant dans le tunnel de 23%.

Europorte, la compagnie de fret ferroviaire de Getlink, tire son épingle du jeu avec un chiffre d'affaires trimestriel est en hausse de 2,6% à 32,2 millions d'euros.

"Au troisième trimestre, le groupe a réussi à la fois à servir ses clients dans les meilleures conditions sanitaires", il a fait face "à des demandes très élevées à certaines périodes, tout en réduisant la voilure très rapidement lors des annonces de restrictions de voyage", a observé le nouveau directeur général Yann Leriche, entré en fonction le 1er juillet.

Préparé au Brexit

"Nos marges de manoeuvre sont préservées", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué, estimant que "le groupe a les meilleures cartes en main pour tirer au mieux parti du Brexit qui arrive le 1er janvier 2021".

Dans l'immédiat, la direction a retiré son objectif d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) – l'indicateur qu'elle met en avant –, donné fin juillet lors de la brève embellie de l'été.

Elle tablait alors sur un Ebitda de 350 millions d'euros cette année, contre 560 millions en 2019. Cette prévision "était basée sur des hypothèses qui ne sont plus valables", a-t-elle noté dans son communiqué lundi, mettant néanmoins en avant sa "confiance sur la solidité de (ses) résultats".
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