La catastrophe de Liévin est la plus grande tragédie minière de l’après-guerre. Survenue le 27 décembre 1974, elle a emporté 42 mineurs. Dans un documentaire inédit consacré à la mémoire de l'événement, des témoins directs, épouses et enfants de victimes, racontent avec émotion l'événement tragique et les répercussions sur leurs familles.
Ce 27 décembre 1974, 90 mineurs reprenaient le travail après une trêve de trois jours pour les fêtes de Noël. À 6h19, une explosion souffla la galerie de la fosse 3, dans le quartier des Six Sillons du siège 19 des mines de Lens, à Liévin.
Le coup de grisou, doublé d’un coup de poussière, a produit une "explosion molle", dont le souffle n'était pas assez important pour soulever les arrêts barrages. Le feu s'est alors propagé rapidement dans les galeries.
La catastrophe minière a fait 42 victimes et 8 blessés parmi les mineurs. La plus jeune victime avait 25 ans, la plus âgée en avait 54. Ils laissent 40 veuves et 116 orphelins.
Le grisou avait frappé la fosse 3 de Liévin à plusieurs reprises, déjà : 9 morts en 1945, 10 en 1957. Il y en eut 21 à la fosse 7 en 1965.
"La première fois qu'on l'a rencontré, Michel était tellement ému qu'il n'arrivait pas à parler. Comme si l'événement avait eu lieu la veille. Alors ce film, il est nécessaire. Pour que la mémoire de ceux qui ont vécu ce drame ne s'éteigne pas, que l'histoire de ces mineurs ne tombe pas dans l'oubli."
Germain Aguesse, co-réalisateur de "La catastrophe de Liévin"
Sept ans après la catastrophe, en 1981, le Tribunal de Béthune prononçait la "faute inexcusable de l'employeur", déclarant la Société des Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais (HBNP) responsable du drame civilement. Une première dans l'histoire des charbonnages.
Mais après un procès en appel réclamé par la société, le jugement définitif de 1984 n'établira pas la faute des Houillères et ne sanctionnera que l'ingénieur d’exploitation de la fosse, qui fut condamné à 10 000 francs d'amende pour "négligence en hommes et en matériel pour détecter la présence de grisou dans ce puits." Celui-ci mettra fin à ses jours.
Voir cette publication sur Instagram
En 1974, le déclin de l’industrie du charbon était déjà enclenché et les conditions de sécurité n'étaient pas assurées de manière optimale, diront les observateurs. Les familles endeuillées, elles, n'ont pas oublié et révèlent aujourd'hui des traitements choquants qu'elles ont pu subir : salaires incomplets versés aux veuves des victimes, réclamations de paiement des affaires et outils des défunts, menaces d'expulsions. Sans compter les qualifications de "veuves joyeuses" que certains donnaient aux veuves alors qu'elles percevaient une rente mensuelle.
LIRE AUSSI : Il y 42 ans, la catastrophe minière de Liévin : les images de l'époque
"La catastrophe de Liévin", un documentaire inédit à voir jeudi 16 janvier 2025 à 22h50 sur France 3 Hauts-de-France et en replay sur france.tv.
Réalisation : Germain et Robin Aguesse
Un film raconté par Benoît Allemane
Une coproduction Ariane Films, Elkin Communication, France Télévisions, Pictanovo, BFM Grand Lille TV