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Loup et éleveurs : une cohabitation difficile mais peut-être possible

Cette brebis survivra peut-être à l'attaque, mais ce n'est pas sûr. / © A.MARTINIKI
Cette brebis survivra peut-être à l'attaque, mais ce n'est pas sûr. / © A.MARTINIKI

Le 7 mars, Emmanuel Macron annonçait le relèvement du quota d’abattage de loups pour 2019. Une décision qui satisfait de nombreux éleveurs excédés par les attaques croissantes de leurs troupeaux. Mais certains veulent croire à une possible cohabitation et cherchent des solutions
 

Par Stéphane Hilarion

Cécile est dépitée. Comme beaucoup d’éleveurs ovins dans les zones où vit le loup, elle doit vivre avec la peur d’une attaque nocturne. Mais là ça fait beaucoup. C’est la troisième fois que le troupeau de  cette éleveuse installée à Bormes-les-Mimosas dans le Var subit une attaque. Dimanche matin, l’histoire s’est répétée. Bilan : trois agneaux déchiquetés, quatre animaux disparus et une brebis mutilée que Cécile Solinas Desproges tente de maintenir en vie.

Cécile est dépitée, et Cécile est en colère aussi. Marre de subir ces attaques à répétition. Dans le Var, 412 attaques répertoriées l’an dernier. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, 693. Dans les Alpes-Maritimes, département qui détient le record, 870 attaques de troupeaux en 2018. Et à chaque fois des milliers de bêtes tuées. Et ce ne sont pas les indemnisations qui vont calmer la colère des éleveurs.

"150, 180, 200 euros par bête, je n’en sais rien… Faut arrêter de nous dire soyez contents, vous êtes indemnisés. J’en ai rien à faire moi d’être indemnisée. C’est épuisant… A un moment, on se dit je vais tout arrêter comme ça y’aura plus de problème de loup."
Cécile Solinas Desproges, éleveuse

"Scènes absolument insoutenables"


Les mots sont du président de la République évoquant les attaques de troupeaux par le loup. Le 7 mars, Emmanuel Macron qui se trouvait à Gréoux-les-Bains dans les Alpes de Haute-Provence dans le cadre d'un grand débat consacré à l'environnement et à la transition écologique, a annoncé qu’on allait en tuer plus cette année. Le quota de prélèvement fixé à 12% de la population fin 2018 va finalement être relevé à 17%, soit environ 85 individus. Sans mettre en danger l’espèce précise l'Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS) qui aura atteint un premier "seuil de viabilité démographique" à la fin de cet hiver avec au moins 500 individus sur tout le territoire.

Pour les défenseurs du loup, une hausse des prélèvements n’est pas forcément la bonne solution et risque même de déréguler les meutes et d’aggraver le problème. Il faut selon eux que les éleveurs travaillent à plusieurs, avec plus de chiens, et une surveillance constante. Mais forcément, après avoir passé près de deux siècles à se débarrasser du loup pour justement développer l’élevage, réapprendre à vive avec ce prédateur ne va pas être simple.
 
Loup abattu sur la commune de Bormes-les-Mimosas ce 14 février 2019. / © F3CA
Loup abattu sur la commune de Bormes-les-Mimosas ce 14 février 2019. / © F3CA
 

Et si on cohabitait ?

Certains veulent y croire. En Haute-Vienne, défenseurs de la faune sauvage, éleveurs, chasseurs, agriculteurs, naturalistes, se sont lancés dans une expérimentation commune. Objectif : mieux connaître le loup pour limiter son impact sur l’élevage. Un réseau d’entente sur le loup unique en France pour lequel la région a débloqué 50 000 euros.  

La gestion de ce réseau est confiée à deux spécialistes des loups. Sur environ 2500 km2 répartis sur les trois départements du Limousin, ils vont collecter et analyser des données sur le loup pendant 3 ans. Objectif : mettre en place des mesures de protection adaptées à ces futurs résultats et tenter de trouver des clés pour modifier le comportement de l’animal pour qu’il ne s’aventure plus du côté des élevages.

 

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