Assouplissement de la limitation à 80 km/h: une mesure plutôt bien perçue dans les Départements de l'ex Basse-Normandie

© PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP
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Le Premier ministre a exprimé son soutien de principe à un amendement visant à autoriser les présidents de Département de relever la vitesse maximale sur certains tronçons. Dans la Manche, l'Orne et le Calvados, les intéressés expriment une certaine satisafction.

Par CM

C'est une mesure qui avait suscité un vent de fronde dans les territoires ruraux, comme dans l'ex Basse-Normandie. Marc Lefèvre, Jean-Léonce Dupont et Christophe De Balorre, les présidents de la Manche, du Calvados et de l'Orne, avaient d'ailleurs signé, avec d'autres de leurs homologues, une lettre ouverte demandant au gouvernement de "renoncer au projet d'abaissement global de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes du réseau secondaire". Malgré l'impopularité de la mesure, le Premier ministre s'était montré jusqu'à présent inflexible. Mais ce jeudi 16 mai, chez nos confrères de Franceinfo, Edouard Philippe a ouvert la porte à un assouplissement.
 
Fin mars, les sénateurs avaient ajouté, contre l'avis du gouvernement, un article au projet de loi d’orientations des mobilités donnant la possibilité aux présidents de Département et aux préfets de relever la vitesse maximal autorisée sur le réseau secondaire.  Quelques semaines plus tard, c'est le groupe LREM qui propose un amendement permettant aux présidents des Conseils départementaux de déroger aux 80 km/h, sur les routes départementales. "Si les présidents de conseils départementaux souhaitent prendre leurs responsabilités, je n'y vois aucun inconvénient", a déclaré Edouard Philippe sur Franceinfo.
 
Dans l'Orne, où le Conseil départemental avait fait "la grève des panneaux", quelques jours avant l'entrée en vigueur de la limitation à 80 km/h, les propos d'Edouard Philippe sont plutôt accueillis favorablement même si Christophe De Balorre "regrette le distinguo entre les routes départementales et les routes nationales". Sans attendre l'adoption du projet de loi, le président du Département a d'ores et déjà "demandé aux services du département de faire une étude afin de voir quels sont tronçons, quelles sont les routes qui pourraient être remises à 90 km/h en fonction de leur dangerosité." Car tout le réseau départemental ne va pas repasser intégralement à l'ancienne limitation de vitesse. "90 km/h sera l'exception, le code de la route sera 80 km/h."

le passage à 90 km/h ne pourra pas être étendu à  la totalité des 5 600 kilomètres de routes départementales


Dans le Calvados aussi, on fait preuve d'une certaine prudence. "Bien sûr, nous allons saisir cette opportunité", déclare dans un communiqué Jean-Léonce Dupont, "mais il va de soi que le passage à 90 km/h ne pourra pas être étendu à  la totalité des 5 600 kilomètres de routes départementales que gère le Département dans le Calvados". En octobre dernier, Yves Goasdoué, le maire de Flers, qui préside le Conseil National de la sécurité routière, affirmait que la mesure portait déjà ses fruits avec un recul de la mortalité rouitère. "Nous n’avons pas attendu une modification du code de la route pour exercer nos pouvoirs de police et réglementer la vitesse maximale des zones d’insécurité à 70 km/h,  et même moins,  lorsque la configuration des lieux l’exigeait", plaide le président du Calvados.
 
 

90 sur "le réseau structurant" dans la Manche

Interviewé fin mars dernier par nos confrères de France Bleu, son homologue de la Manche, Marc Lefèvre tenait un discours sensiblement similaire. "Je suis plutôt favorable au maintien à 80km/h sur l’essentiel du réseau départemental. Par contre, on pourrait envisager que sur les plus grands axes, ce qu’on appelle le réseau structurant qui rejoint les plus grandes villes du département, qu’on puisse par exception rouler à 90km/h". Le président du Département citait alors comme exemple les axes Coutances-Saint Lô, Coutances-Lessay ou Valognes-La Haye.

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