Loup en Normandie : la présence d'un loup gris confirmée dans le Calvados

Un animal ressemblant à un loup a été aperçu le vendredi 19 novembre près de Bayeux. L’Office français de la biodiversité s'est rendu sur place pour faire des prélèvements et confirme la présence d'un loup gris dans le Calvados.

Normandie : un loup aperçu par un agriculteur près de Bayeux

C'est un agriculteur qui le premier a aperçu l'animal vendredi 19 novembre 2021 dans un de ses champs sur la commune de Sully, à quelques kilomètres de Bayeux. Il a eu le temps de prendre une photo avant que ce qui ressemble fortement à un loup s'évanouisse dans la nature.

Les photos envoyées pour expertise au réseau Loup-Lynx de l’OFB et les experts nationaux ont confirmé qu’il s’agissait de photos d’un loup gris

Office français de la biodiversité

L'animal a ensuite été aperçu quelques heures plus tard dans les communes avoisinantes. "C'est surprenant mais pas inquiétant", déclare Mélanie Lepoultier, la maire de Sommervieu, à qui un de ses administrés a fait parvenir ce weekend une photo de l'animal sur sa commune. "Pas de vent de panique, ce n'est pas la peine d'affoler la population sans savoir de quoi on parle. J'ai d'abord appelé la société de chasse pour savoir s'ils étaient au courant. Ils l'étaient déjà. La fédération avait été informée - c'est eux qui gèrent ce type de choses - et puis ils sont en lien avec la gendarmerie. Mais le loup, si c'en est un ou tout autre animal, il est mobile donc je pense qu'il était déjà loin de Sommervieu quand on a réagi.

L'Office français de la biodiversité s'est rendue sur place pour effectuer des relevés d'empreinte et des prélèvements. Lundi soir, l'office indiquait déjà que les photos envoyées pour expertise au réseau Loup-Lynx de l’OFB et aux experts nationaux ont confirmé qu’il s’agissait de photos d’un loup gris."Jusqu’alors nous n’avions eu aucun signalement de présence d’un grand canidé dans le Calvados. La présence d’un loup gris a été avérée en Seine-Maritime d’avril 2020 (vraisemblablement même depuis novembre 2019) à février 2021. La présence d’un loup est confirmée dans l’Eure depuis avril 2021".

Le loup en Normandie au Moyen-Age

Le loup a été jadis présent en Normandie. Dès le Moyen-Age, la région et sa population sont frappées par de nombreuses attaques. C'est l'une des régions les plus touchées de France. Cette menace perdurera jusqu'à la fin du 19è siècle, où l'animal fera l'objet d'une véritable politique d'éradication, avec un système de primes octroyées aux chasseurs.

Ces derniers mois, la présence du loup a été signalé à plusieurs reprises en Normandie. D'abord dans le Pays de Bray, en Seine-Maritime, au printemps 2020. La silhouette d'un animal ressemblant à un loup avait été photographiée par un appareil automatique en pleine nuit à Londinières, une commune située à l'est du département. Quelques semaines plus tard, plusieurs attaques d'ovins avaient été signalées dans le secteur. L'Office français de la biodiversité avait confirmé l'identité du prédateur au mois de juillet, une identité précisée quelques semaines plus tard par l'analyse ADN.

Plus récemment, c'est dans le département voisin de l'Eure que le loup a fait sa réapparition. Comme dans le Pays de Bray, la présence un loup gris de lignée italienne a été officialisée le 19 novembre dernier par la préfecture après analyse de prélèvements.

Bataille de chiffres autour du loup

L'office français de la biodiversité (OFB) recense 97 zones en France métropolitaine où vivent des loups. L'animal est surtout présent en Savoie, dans les Alpes de Haute-Provence et dans le Jura. Dans ces zones où le "canis lupus" s'est installé, le recensement de cette population fait débat. A la sortie de l'hiver 2020-2021, l'OFB estimait que 624 loups vivent sur le territoire français. Pour effectuer ce décompte, cet établissement public s'appuie sur un réseau de 4 000 correspondants formés sur tout le territoire, des agents des parcs nationaux, de l'Office national des forêts (ONF), les siens, mais aussi des particuliers, membres d'ONG, agriculteurs ou chasseurs.

Mais les défenseurs du loup et ses opposants contestent ces chiffres. "L’OFB ment sur le nombre de prédateurs", clame Christiane Lambert, la présidente du syndicat agricole FNSEA. Dans les zones à forte population de loups, plusieurs attaques de troupeaux sont recensées, suscitant la colère des éleveurs. Le 15 octobre dernier, la profession a manifesté dans plusieurs villes de France, comme à Gap. "Il y en a beaucoup trop : quand on nous en annonce 5-600, on peut mettre un zéro, voire peut-être deux derrière", déclarait ainsi Christian Hubaud, maire d'un village des Hautes-Alpes, à nos collègues de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.  

Si les chiffres communiqués par l'OFB (621 loups à la sortie de l'hiver dernier contre 580 l'année précédente et 530 en 2019) semblent montrer une augmentation de cette population, les défenseurs de l'animal comme l'association écologiste Ferus (basée dans les Pyrénées) dénoncent eux une "dégradation de la dynamique de la population" de loups : le "canis lupus", qui figure sur la liste rouge des espèces menacées, tend à voir son développement ralentir sur le territoire français. Un ralentissement qui serait dû aux abattages autorisés par les pouvoirs publics. Cette année, comme en 2020, le gouvernement a autorisé l'abattage d'une petite centaine de loups (98) soit près de 20% de la population recensée en France.

 

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