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Caen : un homme condamné à 18 mois de prison dont 9 fermes pour avoir torturé des chats

Un père de famille de 50 ans était jugé ce mercredi 27 juin en comparution immédiate au tribunal de Caen pour avoir torturé une quinzaine de chat dans la région de Caen. Il a été condamné à 9 mois de prison ferme.
Le tortionnaire de chat caennais interpellé
Le tortionnaire de chat caennais interpellé © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
(Mise à jour 18 juillet 2018) : Un nouveau volet vient de s'ouvrir dans l'affaire du tortionnaire de chat caennais. Alors qu'il a fait appel de la décision le condamnant à 18 mois de prison dont 9 avec sursis, il doit répondre d'autres actes de cruauté envers les animaux, devant le tribunal de Caen, mercredi 19 juillet. (Mise à jour 14 juillet 2018) : l'homme a fait appel de la décision le condamnant à 18 mois de prison.

(Mise à jour : 27 juin 2018 à 22h00) : L'homme de 50 ans qui a reconnu avoir torturé une quinzaine de chats a été condamné à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis. Il devra indemniser les victimes et il devra se soumettre à une obligation de soins.

(Mise à jour 29 juin 2018) le tortionnaire des chats suspecté d'avoir tué un chien à la SPA de Verson en 2017. Le corps sans vie d'un Beauceron avait été découvert dans le box du refuge. L'animal avait été poignardé au coeur.  

Rappel des faits : des chats torturés dans la région de Caen


Depuis quelques semaines, des félins avaient été torturés autour de l'agglomération caennaise. Des fractures et des luxations des pattes ont été volontairement infligées à une quinzaine de chats. Trois chats blessés ont du être euthanasiés. 
L'enquête réalisée par la gendarmerie de Douvres-la-Délivrande a permis d'identifier l'auteur de ces actes de cruauté. Il s'agit d'un homme de 50 ans, apparemment bien inséré dans la société, père de famille, il a quatre enfants. Il travaille comme cadre dans l'industrie. Ses motivations sont obscures, il évoquait avec les gendarmes des antécédents avec les chats. Il partait au hasard et amadouait les chats avec de la nourriture notamment, avant de les blesser parfois très grièvement, leur broyant des membres. 

"C'est une enquête toujours sensible quand cela concerne les animaux" explique le Commandant Faure, "cela marque l'opinion publique puisque de nombreuses personnes ont des animaux domestiques. Ces actes de cruauté sont des sévices difficilement pardonnables". 

Il aura fallu quelques semaines d'enquête pour retrouver le tortionnaire de chats. Un travail qui a consisté à réunir différents témoignages, établir le mode opératoire grâce à l'expertise de vétérinaires de la région et aussi recueillir de petits indices qui mis bout à bout ont permis l'arrestation de l'homme qui attrapait les chats pour ensuite leur casser les pattes.

L'homme est jugé ce mercredi au tribunal de Caen, en comparution immédiate.

Si les faits devaient être qualifiés d'acte de cruauté envers un animal domestique, il encourrait jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. L'association de défense des animaux Stéphane Lamart a déclaré se constituer partie civile dans cette affaire. 

Plusieurs associations de défense des animaux, partie civile au procès

Au tribunal de Caen, en cette fin d'après-midi, quelques maîtres de chats torturés ont pu faire le déplacement. L'ambiance est tendue et houleuse dans la salle. "Pense à tes quatre enfants maintenant" a lancé un propriétaire des chats.

L'homme auditionné a du mal à expliquer son geste même s'il se dit conscient de ce qu'il a fait. Il a lui même un chien et un chat à la maison. Ce matin, il a subi une analyse psychologique à Cherbourg. Il n'a pas été établi d'abolition de son discernement. L'homme avait évoqué de possibles effets secondaires d'un traitement neurologique. Ce médicament, le requip, a des effets secondaires connus. Il peut entraîner des comportements compulsifs tels que l'addiction au jeu ou au sexe. Des arguments que le tribunal n'a pas retenu.

Alors pourquoi s'est-il transformé en tortionnaire ? Il ne sait pas. Il explique qu'à la suite à de plusieurs nuits d'insomnies consécutives, il décide de partir à la recherche de chats pour leur luxer les pattes. Il sévit depuis début mai. Quatorze chats blessés ont été recensés avec la gendarmerie mais il affirme qu'il y en a eu sûrement beaucoup plus.

Les maîtres des animaux victimes ont à leurs côtés cinq associations de défense des animaux (la SPA, la fondation Brigitte Bardot, 30 millions d'amis, l'association Stéphane Lamart et la Société Nationale pour la Défense des Animaux) qui se sont constituées partie civile dans cette affaire.

Maître Patrice Grillon, l’avocat de l'association Stéphane Lamart et de la Société Nationale pour la Défense des Animaux  juge ce procès exceptionnel : "Il est exceptionnel parce que l’auteur, qui a reconnu les faits, est un tortionnaire de chats, un serial cat killer, quelqu’un qui a tué et en tous cas fracturé des pattes, plusieurs pattes de chats dans le nord de Caen sur une longue période. C’est la première fois qu’un individu de cette nature est pris par les autorités de police, les autorités judiciaires et j’espère qu’il sera condamné très lourdement, à la peine maximale qui est de deux ans de prison »

C’est toujours très difficile de trouver les auteurs de sévices sur les animaux explique l’avocat. Sur ce dossier, les moyens d’enquête ont été considérables pour permettre d’appréhender cet homme. C’est pourquoi il souhaite une peine exemplaire mais également dissuasive : "pour que les personnes qui voudraient faire la même chose sachent que les Parquets de France poursuivent et que les associations sont là pour défendre ces pauvres chats "
 
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