Coronavirus : Netflix, Youtube, Fortnite... bientôt interdits ?

Le télétravail et le confinement à résidence laissent présager une augmentation massive des connexions internet sur le territoire français d'ici les prochains jours. Doit-on craindre un "blackout" du réseau internet français ?

Face à la crise du covid-19, des millions de normands et de français vont désormais être contraints de travailler à distance pour lutter contre la propagation du coronavirus.
Face à la crise du covid-19, des millions de normands et de français vont désormais être contraints de travailler à distance pour lutter contre la propagation du coronavirus. © MaxPPP
Lors de son allocution, le président de la République a appelé jeudi 12 mars les entreprises à favoriser le télétravail pour faire face à la propagation du coronavirus. Le confinement à domicile pour tous les citoyens français n'a pas encore été officiellement annoncé, mais semble également se profiler.

Ces mesures exceptionnelles et ce recours massif au numérique peuvent-ils déclencher un “plantage” d’internet ?

Dans un tweet publié le 15 mars, l’entreprise caennaise “Cheron & Fils” spécialiste de l’électroménager et de l’électronique, appelait déjà à “adopter les bons gestes numériques pour préserver le débit internet.”

Suite à la fermeture des écoles et la mise en place du télétravail pour les entreprises, nous vous recommandons de changer vos habitudes si votre connexion internet est en ADSL, 4G ou satellite, car votre débit est partagé. Les bénéficiaires de la fibre optique ne sont pas concernés. Privilégier la réception TNT ( la TV par internet consomme beaucoup de débit), éviter le visionnage de films (NDLR : Netflix, OCS, … mais également les jeux vidéo en ligne) ou encore l’utilisation du “replay”. Privilégier la connexion par câble. Enfin, pour les zones blanches, ou les zones dites à “débit réduit” (NDLR : connexion < 3Mo), utiliser votre smartphone pour vous connectez à internet avec "le partage de connexion". Recommandations de l’entreprise Cheron & Fils.

Les 3.3 millions de normands sont-ils bien couverts par les réseaux internet et mobile des opérateurs ? 

Selon l'Ariase, la Normandie comptait 643 000 logements éligibles à la fibre optique (FTTH) au 30 septembre 2019 contre 452 000 un an plus tôt, soit une progression de 190 000 nouvelles lignes optiques sur la période. 212 000 logements normands sont éligibles à l'internet très haut-débit via le câble de SFR, en particulier à Rouen, Le Havre, Hérouville-saint-clair et Caen.1294 noeuds de raccordement ADSL (NRA) sont actifs en Normandie. Ces centraux ont une capacité maximale de 1,6 million de lignes téléphoniques.

Conclusion, quasiment la moitié de la population normande a recours à une connexion ADSL, et donc à une "bande passante basse". Concrètement, pour ces utilisateurs, il est donc conseillé d'appliquer les recommandations citées plus haut.
Selon Médiamétrie, la France comptait 53 millions d'internautes en décembre 2019, soit 84,6% des Français de deux ans et plus. C'est 0,4% de plus qu'il y a un an.
Selon Médiamétrie, la France comptait 53 millions d'internautes en décembre 2019, soit 84,6% des Français de deux ans et plus. C'est 0,4% de plus qu'il y a un an. © MaxPPP

A l'échelle nationale

Le recours massif au télétravail et les activités de loisirs numériques risquent, d'ici les prochains jours, d'entraîner une saturation possible des réseaux de télécommunication.

Avec ces mesures prises par le gouvernement, les français vont devoir partager le débit internet de leur appartement, de leur immeuble, de leur quartier, voire de leur ville. 

Selon l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse),  près de 30 millions de foyers disposaient en 2019 d’un abonnement Internet fixe en haut débit (ADSL) et très haut-débit (fibre ou 4G fixe). 
Selon l'Arcep, Netflix représentait en 2019 quasiment un quart de la bande passante. Face à de telles statistiques, nous pouvons donc imaginer qu'en cas de "blackout", les opérateurs télécoms priviligient le télétravail aux divertissements numériques.
Selon l'Arcep, Netflix représentait en 2019 quasiment un quart de la bande passante. Face à de telles statistiques, nous pouvons donc imaginer qu'en cas de "blackout", les opérateurs télécoms priviligient le télétravail aux divertissements numériques. © MaxPPP

"Nous entrons dans une ère de discipline sociale qui doit s’accompagner de responsabilité numérique." Dans ce contexte, l'internet français peut-il tenir le choc ? 

Contacté par notre rédaction, le président de la Fédération Française des Télécoms, Arthur Dreyfuss,  assure que la crise du coronavirus et ses conséquences sur le réseau internet a largement été anticipée par l'ensemble des opérateurs français afin de limiter les "sur-connexions" et de préserver au mieux le niveau de débit.

La mobilisation des opérateurs, des 15 000 techniciens et ingénieurs est entière et leur rôle est essentiel pour des réseaux vitaux, à la vie et l’économie du pays. La capacité des opérateurs à absorber les pics de consommation est importante mais nous ouvrons une nouvelle séquence exceptionnelle qui nous impose d’être réactifs et très attentifs aux évolutions de la consommation. Les pics auxquels nous sommes habitués et préparés vont se transformer en hausse continue de la consommation et ce, sur la longue route. Il ne s’agit pas de gérer pour les prochains jours mais pour les prochains mois. Nous entrons dans une ère de discipline sociale qui doit s’accompagner de responsabilité numérique.
Arthur Dreyfuss, président de la Fédération Française des Télécoms.

En d'autres termes, selon la FFT, le pays doit s’organiser avec une partie substantielle de Français qui doivent pouvoir communiquer, s'informer, travailler à domicile, étudier chez eux. 

En fonction de la saturation du réseau français, les pouvoirs publics ainsi que les opérateurs pourraient ainsi prendre une décision inédite : limiter, voir interdire les diversissements et loisirs numériques comme Netflix, divers programmes en replay, ou encore les jeux vidéo, très énergivores sur la bande passante.

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