La fin de la (presque) diète médiatique de Michel Onfray

Le philosophe normand, après son tweet polémique le soir des attentats du 13 novembre, s'était obligé un silence dans les médias sociaux ou télévisuels. Pour les besoins de la promotion de deux livres, Michel Onfray parle à Anne Fulda du Figaro ce lundi.

Son tweet est toujours en ligne. Il a été rédigé le soir des attentats du Bataclan. Ses mots ont été utilisés par la propagande de Daech. Michel Onfray, au Figaro ce lundi, fait toujours comme si il n'y a  pas là matière à polémique.
"Je persiste à croire que le problème aujourd'hui, c'est que l'on ne peut plus penser, il est interdit de penser. je ne suis pas assistante sociale ! On vous demande des larmes, de la compassion, d'accrocher un drapeau bleu, blanc, rouge à vos fenêtres."  explique le philosophe, toujours caennais, à la grand reporter du journal de référence de la droite, Anne Fulda.

Une journaliste, ancienne du service politique, qui dans son article "Michel Onfray, l'incompris" fait un parallèle entre le Normand et un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Deux hommes qui se méfieraient du prêt-à-penser.  "Nous sommes, tous deux, des personnes qui hystérisent tout le monde (..) J'ai un peu de compassion pour lui. Il est tellement fragile"  répond fier-à-bras Onfray.

Celui qui s'est imposé, une quasi diète sur Twitter  mais qui n'a toujours pas fermé son compte, ne veut pas parler de traversée du désert médiatique après les vives réactions liées à ses prises de position contre la bien-pensance au lendemain du drame national de novembre. Anne Fulda, au début de son long papier, juge sans appel que "cette traversée du désert (..) s'apparenterait à une traversée du bac à sable". Les interventions du penseur ont été nombreuses à commencer par une interview sur le plateau de Thierry Ardisson sur Canal + et le lien n'a jamais été vraiment rompu avec la presse. Des médias qui adorent détester ce qu'ils ont tant adulé. Le philosophe lui même refuse sa caricature médiatique aujourd'hui, quand il a tant aimé se perdre dans ce palais des glaces des chaînes d'information continue, miroir déformant d'une pensée réduite à un cri en 140 caractères.

De toute façon, quoi que je dise ou pas on m'attaque. On m'a dit que je faisais le jeu de Marine Le Pen, des islamistes des islamophobes (..) il ne faut pas oublier aussi un truc un peu cynique, c'est que je fais vendre".


Dans ses deux récents livres, "le miroir aux alouettes : principes d'athéisme social" (Plon) et "Penser l'islam" (Grasset), Michel Onfray se redéfinit. Il reste un homme de gauche libertaire, surtout pas libérale au sens de social démocrate d'après 1983 et du tournant de la rigueur. Il se revendique du camp des "petits" et tire sur toute la gauche de gouvernement.  Quant à l'islam, là aussi il ne fait toujours pas dans le politiquement correct. "La France bombarde les populations musulmanes (..) sous prétexte de lutter contre le terrorisme. (..)Islamophobe au dehors, islamophile au dedans."
Ainsi parle Michel Onfray, le philosophe que les médias adorent détester et qui a fait de sa propre détestation son cheval médiatique préféré.