"Laissez-nous traiter nos champs", les agriculteurs normands proposent de traiter la nuit

Alors que les "feux de la colère" s'allument un peu partout en France, les agriculteurs affiliés à la FRSEA et aux JA ont convié la presse à Caen pour leur faire part de leur malaise et leur expliquer pourquoi ils s'opposent aux zones de non-traitement phytosanitaires.
Les agriculteurs veulent pouvoir épandre tôt le matin ou tard le soir avec des buses antidérives
Les agriculteurs veulent pouvoir épandre tôt le matin ou tard le soir avec des buses antidérives © PHILIPPE HUGUEN / AFP
La riposte s'organise contre ce nouvel acronyme : ZNT, pour Zones de Non Traitement". Suite aux arrêtés anti-pesticides de certains maires cet été, le gouvernement se dit en effet prêt à imposer des zones sans produits phytosanitaires à proximité des habitations, de 5 à 10 mètres minimum. 

Le président de la FRSEA de Normandie, Arnold Puech d’Alissac, explique " La distance n'est pas une réponse aux dérives des produits phytosanitaires. La distance, s'il y a du vent, ça ne sert à rien." "La bonne chose, c'est de l'appliquer quand il n'y a pas de vent, plutôt à la tombée de la nuit et avec un pulvérisateur équipé de buses anti-dérives ou avoir une haie qui vous protège du voisinage".
   

Les recommandations de l'ANSES

Chez nos confrères de France-Info, Roger Genet, le président de l'Anses - Agence Nationale de Sécurité Sanitaire - recommande, lui, une zone tampon de 5 à 10 mètres entre l'épandage de pesticides et les habitations. 
 


Pas de risque sanitaire à 10 mètres


"Quand un produit à 10 m a un dépassement des seuils sanitaires on ne l'autorise pas et quand il est autorisé on l'interdit" a affirmé le directeur général de l'Anses.
Il poursuit : "Quand on dépasse les 10 m, on est dans la volatilisation du produit qui peut porter à plusieurs kilomètres. Nous garantissons avec ces distances minimales l'absence de risque sanitaire pour les usagers et les personnes à proximité".
 

Agrophobie et agri-bashing


Reportage de Pierre-Marie Puaud et Carole Lefrançois à  Hubert-Folie (Calvados), avec :
- Joël Bellanger - le maire de Hubert-Folie
- Pierre le Baillif, Président des Jeunes Agriculteurs de Normandie
- Arnold Puech d'Alissac - Président de la FRSEA de Normandie
Les agriculteurs normands s'estiment ciblés par le agri-bashing

Les agriculteurs dénoncent également "l'agrophobie. Les gens ont peur de l'agriculture. On parle d'agri-bashing, dénigrement de l'agriculture mais là, c'est la peur. Ce qui s'est passé sur les poulaillers ornais brûlés, ce qui se passe avec ces arrêtés, c'est de la peur. "

Pierre Le Baillif, président des JA Normandie, regrette également "l'animosité à leur encontre".

Il n'y a pas une semaine sans que l'on me rapporte l'exemple d'une personne qui s'est fait agresser verbalement ou en descendant de son tracteur.

Les feux de la colère en Seine-Maritime et dans l'Eure

Les agriculteurs de la FNSEA prévoient des "feux de la colère"

Dans l'Eure : mercredi et jeudi soir à partir de 20H30 dans 5 lieux du département, qui restent à définir
En Seine-Maritime : jeudi soir  à partir de 20H30 vers Rouen, Dieppe, Le Havre, Yvetot, Neufchâtel
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