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Après Val-de-Reuil, un autre maire normand prend un arrêté anti-pesticides près de Caen

à Epron, près de Caen, les champs sont tout proches des habitations. Le maire souhaite interdire l'usage de pesticides à 150 mètres des maisons
à Epron, près de Caen, les champs sont tout proches des habitations. Le maire souhaite interdire l'usage de pesticides à 150 mètres des maisons

Le 18 mai dernier, le maire de Langouët en Bretagne a pris un arrêté interdisant l'usage des pesticides à proximité des habitations. Cette initiative a fait des petits. À Epron, près de Caen, Franck Guéguéniat (PRG) souhaite que cette démarche fasse tache d'huile dans le Calvados.

Par CM

"L'agriculteur passe en bordure de mon jardin. Au niveau des pesticides, il en utilise de temps en temps. Des fois, on le sent alors on ferme les fenêtres mais on ne sait pas ce que c'est."

Habiter en proche périphérie d'une ville en Normandie, c'est bien souvent avoir déjà un pied en milieu rural. Thibault Daguet vit à Epron, aux portes de Caen, une commune en plaine ceinturée par les champs. Le maire, Franck Guéguéniat (PRG) a annoncé le weekend dernier qu'il comptait interdire l'utilisation des pesticides à 150 mètres des habitations. L'arrêté devrait être signé ce mercredi.
 
Après le Val-de-Reuil, un autre maire normand prend un arrêté anti-pesticides près de Caen

"La motivation première c'est un devoir de prévention des riverains qui sont à proximité immédiate des champs", déclare l'élu de l'agglomération caennaise, "j'ai été contacté par mes concitoyens pour que cet arrêté puisse se faire. Au gré de nos échanges, ils m'ont manifesté leur inquiétude par rapport à leur environnement immédiat. Je réponds à une demande des habitants d'Epron."

Franck Guéguéniat s'inscrit également dans une démarche initiée quelques mois plus tôt chez nos voisins bretons. Le 18 mai dernier, Daniel Cueff, le maire de Langouët, a été le premier maire à prendre un arrêté de ce type. Depuis, l'initiative a fait tache d'huile. En Normandie, c'est le maire du Val-de-Reuil qui, le premier, a mis en place cette mesure.
 

C'est peu dire que l'arrêté du maire d'Epron ne suscite pas l'enthousiasme des agriculteurs des environs. "Je ne peux pas vous donner exatcement la PETITE quantité de pesticide qu'on peut mettre dans l'eau, elle est très très minime", plaide Simone Bance, agricultrice, "Nous sommes quand même dans un environnement d'agriculteurs. Nous avons travaillé dans des tracteurs sans cabine, nous n'avons jamais mis de masque, ni les uns, ni les autres, et on n'a pas de problème." Au printemps dernier, la FDSEA du Calvados avait contre-attaqué, analyse d'urine de ses adhérents à l'appui, face à la campagne glyphosate initiée par Europe Ecologie les Verts et d'autres associations militant pour une agriculture sans pesticide.
 


"Une saine et aimable pression sur les législateurs"

Plusieurs maires ont pris des arrêtés similaires avec un objectif plus large que la simple préservation de leurs administrés. Pour Franck Guéguéniat, il s'agit de faire "une saine et aimable pression auprès des législateurs pour qu'ils changent la loi". Et l'élu de l'agglomération ne compte pas rester seul pour y parvenir. "Le vent n'a pas de frontières, les pesticides non plus. Ce qui est intéressant, surtout, c'est que ce soit un mouvement de territoire, c'est à dire que les maires qui avoisinent Epron puissent être associés et qu'eux aussi prenent ce type de démarche."

Reste à voir maintenant dans quelle mesure cette démarche peut aboutir. Si le président de la République a récemment déclaré soutenir le maire de Langouët "dans ses intentions", les préfets, représentants de l'Etat dans les départements, contestent ces arrêtés devant la justice administrative. Daniel Cueff a ainsi été désavoué par le tribunal administratif de Rennes le 30 août dernier.
 

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