Guerre en Ukraine : la Normandie affiche son soutien au peuple ukrainien

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la communauté internationale est sous le choc. Alors que l’Union Européenne et les Etats-Unis réfléchissent à de nouvelles sanctions, le soutien envers le peuple ukrainien s’affiche dans de nombreuses villes en Normandie.

Certains ne voulaient pas y croire et pourtant depuis des semaines les services secrets américains avaient annoncé l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Depuis le jeudi 24 février 2022, la population ukrainienne vit au rythme des sirènes annonçant les frappes de la Russie. La France incite ses ressortissants à quitter l’Ukraine.

En Normandie, la commune de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) est jumelée depuis près de 60 ans avec la ville ukrainienne de Nova Kakhovka (47800 habitants) située à près de 90km au nord de la Crimée (territoire annexé par la Russie en 2014) et dont la frontière constitue un des principaux points de passage des troupes russes.  

En raison de la situation stratégique de la ville, de nombreux abris servent aux habitants sur place pour trouver refuge en attendant de pouvoir quitter la ville.

Le président du comité de jumelage Jacques Dutheil nous a précisé que les chars russes étaient aux portes de la ville ce vendredi selon le témoignage de plusieurs de ses amis ukrainiens : « Je suis consterné par cette invasion. Le jumelage avec l’Ukraine s’est passé dans les années 60 au sortir de la guerre. Ces jumelages servent justement à l’amitié entre les peuples. Nous œuvrons depuis 60 ans pour la paix et la tolérance. C’est inadmissible ce qu’a fait Poutine ».

La crise sanitaire a stoppé les échanges entre les deux villes mais auparavant des rencontres entre groupes scolaires ou clubs sportifs avaient lieu très régulièrement : « ma fille qui a maintenant la quarantaine correspond encore avec ses camarades ukrainiens du même âge » se réjouit Jacques Dutheil. Ces contacts ancrés permettent d'avoir des nouvelles régulières de leurs amis.

Il a écrit au maire de Novaïa-Kakhovka pour lui témoigner son soutien et lui demander leurs besoins précis (nourriture, vêtements…). Il est dans l’attente de la réponse. Le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, Joachim Moyse a adressé également un courrier à son homologue ukrainien :

Les signes de soutien au peuple ukrainien

 A Rouen, la tour du département a été éclairée aux couleurs du drapeau ukrainien :

Un rassemblement est prévu ce vendredi 25 février 2022 à Rouen, place de l’hôtel de ville. 

A Caen, un premier rassemblement eu lieu jeudi soir devant la préfecture du Calvados. Le maire Joël Bruneau a pris la parole sur son compte Twitter

« ici à Caen, nous connaissons le prix de la guerre et la valeur de la liberté. J’ai une pensée particulière pour le peuple ukrainien livré aux volontés expansionnistes de Poutine. Je pense aussi au peuple russe dont je ne peux croire qu’il aspire à entrer en guerre (…) Je souhaite ardemment que l’Union Européenne avec notre allié américain fassent bloc et que nous sachions collectivement assumer les conséquences des décisions qui seront prises »

Un autre rassemblement à l'initiative d'Ensemble ! 14, groupe d’action Union populaire Caen, Caen en commun, LDH Caen, Solidaires 14, FSU 14, PCF14, mouvement de la paix, PCRF invite les Caennais à se rejoindre samedi 26 février à 14h esplanade de la Paix à Caen ( arrêt tram Université ).

Au Havre, un appel au rassemblement a été lancé par Matthieu Brasse (PS), Laurent Martin (EELV) et Pierre-Emmanuel Hautot (Normandie Écologie). « Les Havraises et les Havrais, et celles et ceux qui le souhaitent, sont invités à se mobiliser lors d’un rassemblement pacifique et citoyen vendredi 25 février à 19 heures dans les jardins de l’hôtel de ville afin de témoigner de leur soutien au peuple ukrainien et affirmer leur attachement collectif à la paix, au respect des règles internationales et à la défense des droits humains.  », précise l’appel. 

En Russie, 1800 manifestants anti-guerre ont été interpellés jeudi 24 février. Des arrestations qualifiées de « privation arbitraire de liberté » par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.