SNCF : suppressions, retards de trains, pannes... deux associations normandes lancent la grève des titres de transport

Les usagers de trains normands sont à bout et ils comptent bien le faire savoir. Retards, suppressions, pannes de matériel, face à ces conditions de voyage, deux associations, l'UDUPC et l'ADURN, ont lancé une grève des titres de transport à compter du 12 novembre.

Intempéries, rames non conformes, animaux sur la voie... autant de raisons avancées par la SNCF pour justifier les nombreux retards et suppressions de trains sur les lignes Paris-Normandie. Lassés par ces conditions de transport, l'Union des usagers du Paris-Cherbourg (UDUPC) et l'association de défense des usagers du rail normand (ADURN) lancent ce vendredi 12 novembre une grève des titres de transport

"On veut mettre un coup de poing sur la table. Les rames ne soient pas conformes. On se retrouve avec des trains courts au lieu des trains longs, certains n’ont plus de réservation au moment de monter dans le train. Des personnes sont assises dans les escaliers ou sur les porte-bagages", lance Pierre Dumont, le président de l'UDUPC. De son côté, la SNCF assure que toutes ses équipes sont mobilisées dans cette "situation inédite en France" où l'après-covid vient s'ajouter à une accumulation des accidents et à un automne difficile.

Plus de 111.000 usagers en Normandie

Quelque 111.000 usagers normands ont un abonnement mensuel ou annuel. A cela s'ajoutent les usagers occasionnels, qui eux aussi sont touchés par les dysfonctionnements de la SNCF. Pour les associations, l'offre est insuffisante et aucun plan d'action concret n'est mené par la SNCF. Alors que les nouvelles rames Omnéo devaient rouler uniquement sur les grands axes que sont Paris-Cherbourg, Paris-Deauville et Paris-Le Havre, elles sont également utilisées pour les axes secondaires, plus vieillissants. "Ça a un effet cascade. On n'a pas assez de rames puisque le parc matériel n'arrive pas à suivre."

Selon la SNCF il ne s'agit pas de la majorité de ses 40 rames Omnéo, qui "fonctionnent très bien." Le problème se trouverait dans une répétition de chocs et d’aléas suite à la période automnale et à des pièces mécaniques qui n’arrivent pas en raison de la crise sanitaire. "Depuis le 22 octobre, on a ajouté des heures supplémentaires sur nos technicentres pour faire les maintenances de nos trains. On veut bien les faire rouler plus longtemps mais à un moment, ça ne tient plus", explique le service communication. La tempête Aurore, l'ouverture de la chasse ou encore les feuilles mortes sont autant de facteurs qui ont aggravé la situation en gare. 

Les associations refusent par ailleurs l'augmentation tarifaire des lignes Krono+ et la mise en place de la réservation obligatoire annoncées à la fin du mois d'octobre. Alors que l’accord avec la SNCF prévoit une expérimentation de la réservation à compter du 12 décembre, l’UDUPC s’y oppose tant que "le matériel sur les lignes n’est pas adéquat."

Un billet factice

Pour l’occasion, les associations ont créé un billet de train factice. Elles invitent les usagers à l’imprimer et à le montrer lors du contrôle. "A noter que nous n’incitons personne à ne pas avoir de titre de transport valide mais seulement à ne pas le présenter lors des contrôles", ont souligné les associations.

Une opération similaire avait été conduite en octobre 2020 mais le confinement avait mis un coup d'arrêt à la grève. 

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