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Ce qu’il ne faut jamais dire à un historien sur le D-Day

Attention aux généralités sur de Débarquement, alertent les historiens. / © Pixabay
Attention aux généralités sur de Débarquement, alertent les historiens. / © Pixabay

Le 75ème anniversaire du Débarquement approche. L’arrivée des Alliés sur les plages normandes est connue, mais quelques inexactitudes peuvent facilement froisser un historien.

Par Pauline Comte

Des anecdotes sur le D-Day ? De quoi épater les copains et briller en société… Mais mieux vaut ne pas se trouver tête-à-tête avec un historien, qui traque les lieux communs. Pour éviter toute querelle, on a listé ce qu’il faut éviter de dire aux deux spécialistes Marc Pottier et Claude Quétél.
 

Ne dites pas que tout s’est passé le 6 juin

« Bien évidemment le 6 juin a été le grand début, le moment où tout pouvait être soit réussi, soit exclu. Mais ensuite, il a fallu cent jours pour la libération complète de la Normandie. Cette opération d’importance fondamentale ne s’est pas réduite uniquement au 6 juin », s’insurge l’historien Marc Pottier. 

Ne dites pas que la guerre a été gagnée grâce aux Américains…

« On a à l’esprit que les Américains sont les principaux acteurs du Débarquement et de la bataille de Normandie. Bien évidemment, ils ont été des acteurs fondamentaux, mais tout autant que les Britanniques, les Canadiens et que l’ensemble des autres troupes qui ont participé à cette opération militaire, à cette victoire, à ce renversement de la marée. Il est important de se souvenir que parmi les 155 000 hommes qui ont débarqué le 6 juin, il y avait majoritairement des Britanniques. On oublie parfois trop leur rôle crucial », rappelle Marc Pottier.
  

… ni grâce aux 177 Français

« Je ne méprise pas le dévouement et l’héroïsme des Français, mais enfin tout de même, il ne faudrait pas oublier les Alliés ! 177 Français du commando Kieffer : bravo, bravo, bravo ! Et les dizaines, les centaines de milliers d’Anglais, de Canadiens, d’Américains ? Et les milliers qui se font tuer ? Il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt ! », s’indigne l'historien Claude Quétel.
  

Et surtout, ne dites pas qu’après le 6 juin la vie des Normands était douce

« Qu’est-ce qu’on prenait au petit-déjeuner après le Débarquement ? Il n’y avait pas de café mais de la chicorée : une horreur ! Tant que les Alliés étaient sur la côte, on a vécu sur les rations. Mais lorsqu’ils sont partis se battre plus loin, les Normands ont connu une période de privation terrible pour se nourrir et se chauffer », souligne Claude Quétél. L'historien déplore la « tendance » à se focaliser sur le 6 juin sans suffisamment s’attarder sur la vie quotidienne des civils.
 

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