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Handicapée, elle est cloîtrée chez elle depuis 9 mois à cause d'un logement inadapté

Corinne Duval n'est pas sortie de son salon depuis septembre 2018 / © Eric Lombaert / France 3 Normandie
Corinne Duval n'est pas sortie de son salon depuis septembre 2018 / © Eric Lombaert / France 3 Normandie

A Serquigny (Eure), une retraitée est prisonnière de son appartement depuis qu'elle a perdu l'usage de ses jambes à l'été 2018. Trop grand, son fauteuil roulant ne peut passer la porte d'entrée.

Par Elise Koutnouyan

Voilà bientôt dix mois que Corinne Duval n'est pas sortie de son salon. Cloîtrée dans 20 m², cette retraitée vit un cauchemar depuis qu'elle a perdu l'usage de ses jambes l'été dernier.

Après deux mois d'hospitalisation, elle a regagné son logement de 3 pièces, paralysée, en septembre 2018. Depuis, Corinne Duval ne peut pas en sortir. Le problème majeur est que son fauteuil roulant ne peut pas passer la porte d'entrée. "C'est un peu démoralisant", confie la retraitée.


Pas de relogement avant plusieurs mois


Après son accident, la locataire a immédiatement prévenu son bailleur social, Eure Habitat. Mais neuf mois plus tard, ce dernier ne lui a toujours rien proposé - même dans les communes avoisinantes. Interrogé par France 3 Normandie, Eure Habitat affirme qu'un appartement "devrait se libérer dans les prochains mois" :
 

Une étude technique est en cours pour savoir si le logement peut faire l'objet d'une adaptation pour personne en situation de handicap. Si c'est le cas, le logement fera l'objet d'une proposition à Madame Duval, répond Fabien Mancel, directeur du pilotage interne chez Eure Habitat, à France 3 Normandie.


Corinne Duval peut aussi compter sur le soutien de l'association Monnaie Cuivre Collecte : "On doit tout faire pour maintenir ces personnes qui ne veulent pas aller en maison de retraite", défend Luc Huvé, président de l'association. 
 

Aucune obligation légale


Dans le cas de Corinne Duval, comme dans la majorité des situations, son bailleur n'est pas obligé d'adapter le logement à son handicap. Depuis la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chance, le propiétaire a l'obligation d'adapter le logement à l'âge ou au handicap du locataire dans trois cas : les bâtiments d'habitation collectifs neufs, la construction de maisons individuelles et les bâtiments d’habitation collectifs existants faisant l’objet de travaux de modification ou d’extension et les bâtiments existants où sont créés des logements par changement de destination. 

Selon l'INSEE, 1,2 million de personnes rencontrent d’importants problèmes d’accessibilité à leur logement. Les personnes porteuses de handicap et les seniors sont particulièrement concernés.
 
Reportage : Stéphane Gérain et Eric Lombaert

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