Fixée au 3 mai, la date du déconfinement annonce une bouffée d'air dans l'hôtellerie

Si Jean Castex a annoncé dans son allocution du jeudi 22 avril le maintien du couvre feu, le déconfinement sera effectif le 3 mai. Nous pourrons à nouveau nous déplacer sans contraintes dans la journée, et organiser quelques escapades. Ce qui sera profitable aux hôteliers. 

Dans les hôtels, seuls les clients qui ont un motif professionnel peuvent être hébergés
Dans les hôtels, seuls les clients qui ont un motif professionnel peuvent être hébergés © J. Rousseau/ France Télévisions

Sur le front de mer de Dieppe ce vendredi soir, tous les hôtels ont fermé leurs portes. "Nous fermons le week-end depuis le mois de novembre. On s'astreint à travailler la semaine pour accueillir la clientèle commerciale" nous explique Eric Tanvet, le gérant du l'hôtel Windsor. Au mois d'avril, l'hôtelier déplore une baisse de son chiffre d'affaire habituel de 90%, une catastrophe pour cet établissement de 44 chambres et 12 salariés.

Vers un retour des touristes du week-end ?

Si l'annonce du déconfinement fixé au 3 mai par le premier ministre est une bonne nouvelle, Eric Tanvet mesure son enthousiasme. "Bien sûr on est content, mais tout un tas de questions se posent. Y'aura t-il une jauge pour le petit déjeuner, pourra t-on refaire un peu de restauration ? Le service en chambre c'est beaucoup de boulot, et on ne peut pas faire dîner 44 familles dans les chambres, ce n'est pas adapté. Une chambre d'hôtel c'est fait pour dormir, prendre un bain, regarder la télé, mais c'est pas fait pour manger. L'hôtellerie et la restauration c'est un tout!". Actuellement l'hôtel Windsor a abandonné la restauration, et travaille avec la "Marmitte dieppoise" pour nourrir les clients en chambre pendant la semaine.

Le secteur de l'hôtellerie connait actuellement des taux d'occupation très faibles, de l'ordre de 10 à 20%. Beaucoup de personnels n'ont pas travailler depuis 7 mois, et l'activité ne pourra reprendre que par étapes. "Le 3 mai on ne sera pas bon pied bon oeil pour accueillir les touristes. C'est toute une industrie à remettre en route, poursuit Eric Tanvet, on est super content mais ça ne se fera pas en un claquement de doigts".

Boire un café en terrasse ? C'est pour bientôt !

Philippe Coudy, président de l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie de Seine-Maritime, est plutôt satisfait des récentes décisisons gouvernementales. "C'est une bonne nouvelle quand la mobilité n'est plus entravée par des critères de distances, on peut espérer que les touristes de week-end reviennent". Parmi les annonces de Jean castex, il y a cette promesse conditionnée de réouvrir les établissements avec terrasses. A Rouen, la municipalité a entamé une réflexion sur le sujet, en mettant à contribution les établissements de la ville. "Une centaine de nos adhérents de l'UMIH76 sont amenés à faire des propositions, y compris ceux qui n'ont pas de terrasse actuellemement. A Rouen la municipalité a la volonté de piétonniser le coeur de ville, c'est le moment de chercher des solutions ou des idées nouvelles" poursuit Philippe Coudy. "Je crois qu'il y a une vraie volonté politique de réouvrir les établissements, en intégrant l'acceptation de la maladie et le changement culturel que ça suppose. On a tous intégré les gestes barrières". 

Est-il encore un peu tôt pour se réjouir ? Dominique Gogny qui gère une maison d'hôtes sur les hauteurs de Rouen, ne voit encore rien venir ... "Pas le moindre frémissement de nouvelles réservations, à part un couple d'anglais qui a confirmé sa venue, ça fait très longtemps que je n'avais plus d'anglais alors que j'en reçois beaucoup normalement. Je n'ai que des travailleurs et des étudiants. En 2020 mon taux de remplissage a baissé de 50%". 

Le gouvernement devrait confirmer ces annonces et les modalités d'application dans les quinze jours à venir. 

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