Huit ans après l'apparition du virus, comment vont les huîtres normandes ?

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Écrit par F3Normandie

Depuis 2008, la production ostréïcole est victime pour les juvéniles d'un virus mortel. Les professionnels normands, qui fournissent un quart de la production française, ont appris à vivre avec ce virus et expérimentent différentes méthodes pour tenter d'y faire face.

"Y aura-t-il des huîtres à Noël l'an prochain ?". Pendant plusieurs années, en fin d'année, nos équipes ont posé cette question aux professionnels à l'approche des fêtes. En décembre 2014, la revue scientifique "Science et Avenir" tiotrait un de ses articles: "Vos huîtres de Noël, mâchez-les lentement, ce seront peut-être les dernières". Car depuis 2008, un virus mortel touchant les naissains, les "bébé huîtres", légitime cette question. Les premières années de l'épidémie ont été particulièrement difficiles pour les ostréiculteurs avec plus de la moitié des naissains décimés.

La Normandie, qui fournit un quart de la production ostréicole française, n'a bien évidemment pas été épargnée par cette crise, une crise qui perdure aujourd'hui mais dans des proportions moindres. Ce sont désormais entre 20 et 30 % des naissains qui ne survivent pas au virus. La solution miracle n'a pas encore été trouvée. Les professionnels normands font preuve de prgamatisme et expérimentent plusieurs techniques pour combattre le fléau. "Depuis 4-5 ans le virus a moins d'effet", explique Cyrille Lecrosnier, ostréiculteur sur la côte de Blainville, "On s'est aperçu que moins on y touchait, plus on les laissait tranquille, seuls, moins il y avait de casse".

Outre cette méthode, scientifiquement non prouvée, l'une des armes réellement efficace dans cette guerre, c'est d'implanter en mer beaucoup plus de naissains qu'il y a 8 ans. D'autres tentent de produire eux-mêmes leurs propres naissains au lieu de les acheter. "Ca permet plus de maîtrise et ça permet aux ostréiculteurs de gérer eux-mêmes leur sélection, d'adapter la sélection en fonction de leurs besoins: plus de croissance ou moins de croissance, un produuit plus robuste, etc..", explique Julien Lafosse du comité régional conchylicole. 

Les semaines prochaines s'annoncent délicates pour les professionnels: la phase de reproduction va débuter et les huîtres seront alors particulièrement vulnérables.

Reportage de Stéphanie Lemaire et Joël Hamard
Intervenants:
- Cyrille Lecrosnier, ostréiculteur
- Julien Lafosse, comité régional conchylicole

durée de la vidéo: 01 min 42
Huit ans après l'apparition du virus, comment vont les huîtres normandes ?