Le train du Mont Saint-Michel passe au Colza

Depuis ce matin, le train qui relie Paris à Granville roule au biocarburant pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Une expérimentation qui va durer trois mois.

 

L'un des 15 TER qui fonctionnera au colza sur la ligne Paris-Granville.
L'un des 15 TER qui fonctionnera au colza sur la ligne Paris-Granville. © D. Frotté / FTV

Cette ligne âgée de 150 ans et longue de 327 kilomètres relie la gare Paris-Montparnasse à Granville. Mais pour tous les Parisiens et la plupart des touristes qui l'empruntent, il s'agit du "train du Mont Saint-Michel". Le fameux TER des vacances, des week-ends à la plage ou des pèlerinages, entre aujourd'hui dans le 21e siècle. Il réalise sa transition écologique en testant un carburant moitié moins polluant.

Un coup de jeune pour un vieux train

Depuis ce matin, mardi 6 avril 2021, les quinze rames Régiolis qui desservent cette ligne sont alimentées au colza et non au diesel. Cette expérimentation va durer 3 mois, elle est réalisée par la SNCF en partenariat avec la région Normandie.

Le train fonctionnant au colza devrait émettre 60% de CO² en moins
Le train fonctionnant au colza devrait émettre 60% de CO² en moins © D. Frotté /FTV

60% d'émissions de CO² en moins

La SNCF et la Région  Normandie se sont donc associées pour lancer cette expérimentation unique en France. Désormais, les quinze TER de la ligne vont donc carburer au B100, un agro carburant à base de colza. Si le B100 est plus cher à l'achat que le diesel, ce carburant non fossile devrait permettre de réduire de 60% les émissions de CO2 sur l'ensemble de la ligne.

Le B100, carburant 100 % végétal, a passé avec succès les tests sur des bancs moteurs habituellement propulsés en diesel. Aucune modification n’est nécessaire, sinon celle qui porte sur la station-service.

Nous avons testé le biocarburant sur des bancs d’essais moteurs, il faut maintenant le tester en condition réelle pour vérifier tous les facteurs. Il n’y a aucune modification à effectuer sur les trains, nous pensons qu’il y aura uniquement une légère hausse de la consommation de l’ordre de 5%

Olivier Choux, directeur SNCF ligne Paris-Granville

Le but : moderniser le chemin de fer français

La SNCF s'est engagée à abandonner le diesel sur l'ensemble du territoire d'ici 2035. Cette expérimentation va donc faire office de prototype, de base d'étude pour estimer la rentabilité, la consommation, les performances et l'empreinte carbone. Des résultats que la SNCF compte comparer avec d'autres technologies, comme les trains à hydrogène dans le but d'orienter dès aujourd'hui les choix de demain.

Et pour les voyageurs, qu'est ce que cela change ? Tous les voyageurs rencontrés ce matin semblent approuver. "C’est une bonne démarche, je l’ai appris ce matin en prenant le train, c’est une démarche écologique pour sauver notre planète en danger, ça va dans le bon sens, l’idée est bonne", confie Monique, retraitée. Mathilde étudiante se dit quand même qu'" il faudra comparer au niveau de la consommation énergétique, le colza pousse en France, c’est déjà ça. "

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