Des producteurs de légumes de la Manche ont-ils utilisé des produits chimiques interdits ?

Le parquet de Coutances confirme l'information révélée par nos confrères de Tendance Ouest. Une enquête a été ouverte afin de procéder à des "vérifications". Des maraîchers sont soupçonnés d'avoir eu recours à un traitement illégal.

La carotte des sables est l'un des produits phares du Cotentin
La carotte des sables est l'un des produits phares du Cotentin © BELPRESS/MAXPPP
L'affaire est pour le moins embarrassante à l'heure où le client est plus que jamais attaché à la qualité de ce qu'il mange. Des producteurs de légumes de la Manche sont dans le viseur de la justice. Certes, le procureur de la République de Coutances explique qu'il ne s'agit à ce stade que "de simples vérifications" qui portent sur "l'utilisation de produits phytosanitaires". Si les investigations devaient confirmer les soupçons, l'effet serait néanmoins dévastateur pour l'image de marque des légumes de la Manche.

Il s’agit de simples vérifications sur l’utilisation des produits phytosanitaires. Des analyses de prélèvements sont en cours.

Cyril Lacombe, procureur de la République de Coutances

"C'est une enquête comme on en a déjà connue", minimise Mathieu Joret, le président du syndicat des producteurs de carottes. "Pas d'autre info sur le sujet", ajoute-t-il, laconique. Le sujet est des plus sensibles : le traitement des carottes empoisonne la vie des producteurs depuis l'interdiction du dichloropropène en 2018. Cet insecticide était le seul remède efficace pour lutter contre le nématode, un petit ver qui nuit à la croissance des carottes dans les terres sablonneuses. Or, ce dichloropropène est aussi classé depuis 2009 parmi les produits cancérigènes interdits par l'Union Européenne. La France a longtemps accordé une dérogation afin de permettre aux légumiers de préserver les récoltes. Ce n'est plus le cas.
 

Le président du syndicat des producteurs de carottes tente donc de trouver une parade efficace, une alternative à ce produit chimique. Mathieu Joret a procédé à des essais, en semant une plante, le  Sorgho tueur de nématode, ou en imaginant des rotations de cultures avec des céréales pourtant peu à l'aise sur le sable. "Le problème, c'est qu'il faut qu'on cherche vite. Il y a urgence vitale," expliquait-il en novembre dernier au micro de France 3 Normandie. Des producteurs ont-ils pu être tentés d'enfreindre la réglementation pour combattre le nématode ?

Si l'on en croit nos confrères de Tendance Ouest qui ont révélé l'information, des maraîchers "sont suspectés d'avoir participé à l'achat au marché noir d'un produit équivalent autorisé en Espagne, mais considéré comme illicite en France." L'article évoque une dénonciation, un contrôle douanier et l'intervention d'un intermédiaire chargé d'importer le produit. "Des analyses de prélèvements sont en cours", explique Cyril Lacombe, le procureur de la République de Coutances qui supervise l'enquête. Les résultats ne seront pas connus avant le mois de septembre.
 

 
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