Les oiseaux retrouvés morts, au nord du Mont Saint-Michel, victimes d'un virus de la grippe aviaire très pathogène

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Une centaine d'oiseaux migrateurs malades ou morts ont été retrouvés sur le littoral entre Granville et Carolles la semaine dernière. En cause, le virus de la grippe aviaire. Il avait déjà été répéré sur le territoire national, mais comment réagir à la découverte de cadavres d'oiseaux sauvages...

Des petits cadavres jonchent encore le sable de la plage de Saint-Pair sur Mer. Certains ont été attaqués par les goélands et les éléments naturels. 

L'alerte remonte aux 17 et 18 janvier derniers, quand des promeneurs ont prévenu des bénévoles du Groupe Ornithologique Normand (GONm) de la présence anormale d'oiseaux morts sur l'estran. 

Un virus de la grippe aviaire très pathogène

Depuis, trois cadavres de ces bécasseaux maubèche ont été prélevés afin de déterminer la cause de la morbidité subite chez cette espèce originaire du Groënland, venue hiverner sur le littoral manchois.

Les analyses ont rapidement révélé qu'il s'agit bien du virus de l'influenza -ou grippe aviaire. Restait à déterminer sa virulence, et il s'avère qu'il est hautement pathogène. 

"C'est un phénomène exceptionnel" note Sébastien Provost, ornithologue et guide dans la baie du Mont-Saint-Michel, "on a observé aussi des oiseaux malades jusqu'en Bretagne, c'est rare de pouvoir les observer aussi nombreux dans cet état-là."

Mise en place d'une zone de contrôle temporaire

La préfecture a décidé la délimitation d'une "zone de contrôle temporaire" de 5 km de rayon, dans laquelle les élevages commerciaux de volailles "feront l'objet d'une surveillance renforcée par des inspecteurs vétérinaires".

Autre mesure adoptée par les autorités : la suspension de la chasse sur le domaine public maritime entre le phare du Roc à Granville et jusqu'à la limite avec l'Ille et Vilaine. 

Le dérangement de ces populations d’oiseaux pourrait entraîner leur dispersion et accroître ainsi la diffusion du pathogène. Il est donc nécessaire de limiter les facteurs de dérangement des oiseaux sauvages pour contenir ce risque de dispersion

Préfecture de la Manche

 

Mais pour Sébastien Provost, "les vraies répercussions ne seront pas économiques :" il n'y a pas -ou peu - d'élevages de volailles dans cette région, en revanche, c'est la biodiversité qui est mise à mal. Les bécasseaux maubèche qui viennent ici hiverner représentent 1% de la population totale de cette espèce, et on a une responsabilité par rapport à ça." 

Un ornithologue du GONm, James Jean Baptiste de poursuivre : "le stress a pu ouvrir une faille dans le système immunitaire des bécasseaux maubèche, qui sont peu exposés aux virus dans leur environnement habituel. Leur système immunitaire est donc peu préparé à lutter contre les maladies, notamment la grippe aviaire." 

Ce virus étant très résistant, mieux vaut respecter quelques consignes si vous trouvez plusieurs oiseaux morts sur une plage ou dans les champs,lors d'une balade. Petits conseils délivrés par James Jean Baptiste : 

  • Quand s'alerter ?

À partir de trois cadavres d'oiseaux sauvages sur une distance de 1 kilomètre, on estime que la morbidité n'est pas normale. Dans ce cas, vous devez joindre la permanence de l'office français de la biodiversité  

Autre signal : le comportement anormal des oiseaux sauvages. Si vous parvenez à vous en approcher sans provoquer d'envol ou de fuite, c'est déjà le signe fort d'une maladie. 

  • Que faire ?

Ne surtout pas toucher les oiseaux. Ne laissez pas votre chien s'en approcher. Le virus résiste et peut se retrouver sur vos mains ou vos chaussures, avec un risque de contamination ultérieure si vous avez des poules par exemple.

Pas de danger pour l'homme puisque le virus n'a pas franchi - pour le moment - la barrière de l'espèce.

  • Et après ?   

Dans le cas précis de morbidité des bécasseaux maubèche, éviter au maximum de générer un nouvel épisode de stress. En somme, veiller à préserver le calme de la plage. 

 

James Jean Baptiste s'interroge : "Les principaux foyers de grippe aviaire en France sont localisés dans les Landes, où les élevages intensifs de canards sont légion. En revanche, ce n'est pas là que séjournent les oiseaux sauvages. Et comme on abat tous les canards, y compris ceux qui sont immunisés contre la grippe aviaire, on ne laisse aucune chance à d'éventuels descendants d'être immunisés eux-aussi contre le virus."

Il appelle aussi à la vigilance de tous les promeneurs : "ils sont notre premier moyen de veille, et le plus efficace."

 

 

 

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