Normandie : Les camping-cars ont du mal à se faire une place dans les grandes villes

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Écrit par Jean-Yves Gelebart
Les camping-cars ont du mal à se faire une place dans les grandes agglomérations normandes.
Les camping-cars ont du mal à se faire une place dans les grandes agglomérations normandes. © Michel PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP

Caen, Rouen et Le Havre assurent le service minimum en matière d'accueil pour les camping-cars. Si les agglomérations havraise et rouennaise ont des aires de stationnement d'une dizaine de places seulement, la ville de Caen n'en possédait aucune. Un oubli bientôt réparé !

Elle devrait ouvrir à la mi-novembre 2021 et pouvoir accueillir une vingtaine de véhicules. La ville de Caen va enfin offrir aux camping-caristes un espace digne de ce nom pour stationner leurs engins et pouvoir ainsi profiter de la cité de Guillaume le Conquérant. L'aire de stationnement située juste à coté du Mémorial permettra de recevoir des camping-cars de toutes tailles sur des emplacements en stabilisé. Elle sera clôturée, végétalisée, arborée et sous surveillance vidéo. Une aire de service accessible hors de l'espace de stationnement est également prévue pour les vidanges des camping-cars et l'appoint d'eau.

Des bacs pour la collecte des déchets ménagers et des branchements électriques pour les camping-cars en stationnement seront également proposés. Le tout pour un financement total de 450 000 euros à la charge de la ville. Cette aire de camping-cars sera payante et elle sera gérée par une sociéte privée.

Rouen et Le Havre font aussi le service minimum

Dans l'agglomération havraise, l'aire de stationnement est située sur les hauteurs de la ville dans le quartier d'Aplemont. Elle peut accueillir treize véhicules pouvant y stationner jusqu'à quatre-vingt-seize heures et propose gratuitement des services comme l'accès à l'eau potable ou au bac de vidange. Elle est loin cependant de faire la joie des camping-caristes qui la trouve trop éloigné du centre-ville. Il faut par exemple une heure quinze à pied pour se rendre de l'aire de stationnement au musée Malraux situé en centre-ville face à la mer. Même en bus, il faut compter trente minutes.

Sur les réseaux sociaux, les camping-caristes qui échangent sur les différents sites ne sont pas toujours tendres avec l'aire havraise, ce qui provoque la curiosité de certains magazines spécialisés.

Pour l'agglomération rouennaise, le constat est encore plus accablant. L'aire de stationnement pour camping-cars est souvent inconnue des spécialistes. Pas vraiment surprenant quand on sait qu'elle est située parmi des hangars anonymes, quai Cours la Reine, rive gauche à Rouen, non loin du pont Mathilde et que les coordonnées GPS sont indispensables pour s'y rendre surtout de nuit. L'endroit qui possède quinze places est gratuit mais bruyant et il n'offre aucun service, ni électricité, ni bac de vidange, ni eau potable. Il devrait disparaitre dans un avenir proche, la Métropole Rouen Normandie aurait quelques projets dans ses cartons pour trouver un autre emplacement digne de la ville aux cent clochers. En attendant que surgisse de terre ce nouvel espace d'accueil, les camping-caristes ont accès à une aire de stationnement sur le port de plaisance de Rouen.

Dix emplacements sont disponibles avec tous les services, mais pour y avoir accès , il faudra contacter la capitainerie, arriver dans les heures d'ouverture et payer un minimum de douze euros par jour.

Des touristes qui dépensent de plus en plus

A l'évidence, les camping-caristes ne sont pas si désirés dans les grandes métropoles normandes. Pourtant, selon une étude publée en 2017 par la Direction générale des entreprises du ministère de l'Économie, 66% des camping-caristes dépensent en moyenne et par jour, hors essence et péage, plus de trente euros. 46% de ces mêmes touristes fréquentent une à trois fois par semaine un restaurant et 81% réalisent leurs courses alimentaires en supermarché.

La route est encore longue

Le désamour entre les camping-caristes et les grandes villes risquent de durer encore quelques temps, faute de volonté claire des collectivités d'offrir des conditions d'accueil qui correspondent aux besoins des usagers. Les associations d'utilisateurs de camping-car confirment que le problème n'est pas nouveau.

Je pense que pour beaucoup de grandes villes, nous sommes plutôt une source de problème qu'une manne financière pour les commerçants. Avec les grandes villes normandes, nous ne sommes pas gâtés. L'ouverture d'une aire à Caen est une bonne nouvelle, mais il reste encore beaucoup de travail.

Didier Messe, Pdt du Camping Car Club Normand.

Ils existent à ce jour en Normandie un peu plus de trois-cent-soixante aires de camping-car.

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