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Les démineurs font exploser une bombe anglaise à Alençon

La bombe anglaise a été découverte lors de travaux d'aménagement d'une zone commerciale. Elle pèse 230kg. Elle aurait été larguée en juillet 1944.
La bombe anglaise a été découverte lors de travaux d'aménagement d'une zone commerciale. Elle pèse 230kg. Elle aurait été larguée en juillet 1944.

Ce dimanche matin à Alençon, près de 800 personnes ont été évacuées pour une opération de déminage de grande ampleur. La bombe de 230kg a été désamorcée sans encombre. Les démineurs l'ont ensuite faite exploser dans une carrière à quelques kilomètres de la ville.

Par Layla Landry

C’est un peu la routine en Normandie mais une première pour Alençon. Cette fois-ci, c’est une bombe anglaise et non américaine qui a été découverte sur un chantier d’une zone commerciale de la ville. Alors ce dimanche matin, ce ne sont pas moins de 520 foyers qu’il a fallu évacuer en vue d’une opération de déminage de grande ampleur.

700 à 800 personnes évacuées


Dès potron-minet, de gros effectifs ont été déployés. CRS, policiers, gendarmes, pompiers et personnels de la ville étaient mobilisés pour évacuer pas moins de 700 personnes. L’opération était prévue de longue date et sa préparation aura nécessité 3 semaines de travail aux forces de l’ordre.

 

Une maison de retraite à moins de 500 mètres


A moins de 500 mètres de l’endroit où se loge la bombe, c’est une maison de retraite entière qu’il a fallu évacuer. Les résidents ont géré la situation dans le calme et même avec humour.  Car à l’Ehpad Korian Le Diamant, nombreux sont les résidents qui ont vécu la guerre. La moyenne d’âge est de 89 ans et la doyenne en a 103. Alors une opération de déminage… on la prend avec philosophie : « Tout s’est bien passé. On avait tout organisé et tout le personnel s’est mobilisé pour que cela se passe dans la bonne humeur et la sérénité » avait précisé Mathieu Dagoreau, le directeur de l’établissement.


Une bombe de 230kg

Une fois désamorcé, l'engin est emmené à quelques kilomètres d'Alençon dans la carrière de Ventrouze. Il est enterré 9m sous terre avant que les démineurs ne le fasse exploser. La zone de dégât peut atteindre 800m. / © SDIS 61
Une fois désamorcé, l'engin est emmené à quelques kilomètres d'Alençon dans la carrière de Ventrouze. Il est enterré 9m sous terre avant que les démineurs ne le fasse exploser. La zone de dégât peut atteindre 800m. / © SDIS 61


L’engin pèse 230 kilos et aurait été largué en 44. Peu touchée pendant la libération, la ville d’Alençon avait tout de même essuyé 6 bombardements faisant 200 victimes civiles. Trois démineurs de la ville de Caen se sont attelés au désamorçage de la bombe anglaise. Avec 3/4 d’heure d’avance, l’engin a pu être neutralisé sans encombre. Il a aussitôt été transporté à la carrière de Ventrouze, à quelques kilomètres d’Alençon où les démineurs l’on fait exploser.

 

« Nous n’avions même pas réalisé que c’était une bombe anglaise »

 

Anita et John Pickley, deux touristes anglais devaient se rendre en Espagne quand leur voiture est tombée en panne près d'Alençon. Les réparations nécessitent 4 jours de travail alors ils décident de dormir sur place. Pas de chance, leur hôtel se situe pile dans la zone d’évacuation de la bombe. / © Nicolas Corbard
Anita et John Pickley, deux touristes anglais devaient se rendre en Espagne quand leur voiture est tombée en panne près d'Alençon. Les réparations nécessitent 4 jours de travail alors ils décident de dormir sur place. Pas de chance, leur hôtel se situe pile dans la zone d’évacuation de la bombe. / © Nicolas Corbard


Un peu par hasard, un couple d’anglais qui avait prévu de se rendre en Espagne pour les vacances s’est retrouvé dans le périmètre d’évacuation de la bombe. Parti il y a quelques jours de Portsmouth (où leur ferry avait été annulé une première fois à cause de la tempête), Anita et John Bickley sont tombés en panne de voiture près d’Alençon. Ironie du sort ou malchance, les deux Anglais ont loué une chambre d’hôtel situé pile dans le périmètre d’évacuation de la bombe. Accueillis par la mairie à la Halle aux toiles, le couple, avec une pointe d'humour british, avait plutôt bien pris la situation : « Nous n’avions même pas réalisé que c’était une bombe anglaise » s'était amusé John Pickley.

Retrouvez le reportage de Nicolas Corbard et Damien Migniau :
 



Avec les interviews de : 

  • Mathieu Dagoreau, directeur de l’Ehpad Korian Le Diamant
  • Guillaume Raymond, directeur de cabinet à la préfecture de l'Orne
  • Olivier, démineur de la sécurité civile de Caen
  • John Pickley, citoyen britannique

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