Albertine a-t-elle été retrouvée morte chez elle 10 ans après son décès ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par François Ormain .

Pour l'instant, impossible de dater la mort de la vieille dame de Bretoncelles dans l'Orne. Le 29 août dernier, elle a été retrouvée morte chez elle des années après son décès, peut-être 5 ou 10 ans selon les premières constatations. Elle aurait eu 100 ans l’année prochaine. Son fils a fait croire que sa mère était toujours vivante. Pour quelle raison ? L'enquête est en cours.

"C’est sa belle fille qui m’a prévenu", indique Daniel Chevée, le maire du village. "Son mari Daniel H, lui aurait caché la mort de sa mère Albertine et a fini par le lui révéler en ce jour de fin août 2022. J’ai tout de suite prévenu la gendarmerie de Mortagne-au-Perche" poursuit le maire.

Un cadavre invisible 

Dans un premier temps, les gendarmes font le tour de la maison et des dépendances. Toutes les pièces sont fouillées de fond en comble, le matelas de la chambre est retourné et laisse des chéquiers  s'échapper ainsi que des documents personnels. Mais aucune  trace de la vieille dame …

Ce n’est que le lendemain, lors du passage de  la brigade criminelle d’Alençon que le corps, complètement décomposé est retrouvé dans la chambre, des restes d’ossements et de poussière encastrés dans le matelas. 

Le lit était parfaitement fait, toute forme de cadavre était indécelable et pourtant elle était là !

Daniel Chevée, Maire de Bretoncelles (Orne), premier à avoir pénétré dans la maison

"Pendant des années, le fils a fait semblant que sa mère était toujours vivante, que tout  allait bien.  Cela ne viendrait à l’idée de personne de ne pas déclarer le décès d’un parent. Je n’ai  pas de réponse à son attitude" s’interroge encore le premier magistrat de la commune.

Agé de 72 ans, le fils d’Albertine n’est pas en bonne santé depuis un Covid long. Il a été hospitalisé le jour de sa révélation le 29 août et n’est pas en mesure d’expliquer son attitude aux services de gendarmerie, ni même à ses proches.  

Avec un frère éloigné et sa femme interdite de séjour chez sa mère, il était seul à s’occuper d’elle. "Il vivait dans le village à côté, il lui apportait de la nourriture et relevait les poubelles. Il communiquait même les relevés d’eau laissant penser que sa mère était toujours là" relate le maire. 

Dans ce hameau, dit « la Booz », composé essentiellement de résidences secondaires assez distantes les unes des autres, le voisinage n’avait rien remarqué d’anormal.

"Pourtant, la maison ressemblait à une maison inhabitée" poursuit le maire, "les gens pensaient qu’elle était en Ehpad selon les rumeurs distillées par le fils. Pourquoi cet artisan du pays, qui avait pignon sur rue, plutôt fortuné et décrit comme quelqu’un d’intelligent et de cultivé n’a-t-il pas signalé le décès de sa mère ?"

Une enquête ouverte par la procureur de la République d’Alençon devrait permettre de dater la mort, d'apporter des éléments de réponse pour comprendre cette étrange histoire qui rappelle à quel point des personnes âgées sont isolées.

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